Hervé Dumoucel, expert-comptable rennais (Dumoucel & Associés, 5 salariés, CA de 400 K€), a commencé sa carrière en 1981. Grands cabinets parisiens, plus petits au fin fond de la Bretagne ou antennes de grands réseaux en région, il a connu tout type de structure. Pour lui, la dernière grande évolution de la profession fut sans nul doute le développement de l'outil informatique. «Il y a quinze ans, il n'y avait quasiment pas d'ordinateurs sur notre bureau. On traitait des pièces à la main, on les envoyait dans des centres nationaux et elles nous revenaient trois semaines après. Aujourd'hui c'est immédiat. L'informatique nous a apporté beaucoup de confort et de réactivité.» Mais ce gain de productivité, qui permet d'en faire beaucoup plus pour le client, ne s'est pas traduit pas une valorisation du travail de l'expert-comptable, regrette-t-il. «Les gains de productivité ont été rétrocédés aux clients. En termes de niveaux d'honoraires, il n'y a pas tellement eu d'évolution depuis dix ou quinze ans.» Et sur ce point, le Rennais estime que la profession à quelque part raté le coche. «On n'a pas su augmenter nos honoraires comme par exemple des SSII qui, à chaque changement de version d'un logiciel, savent facturer.»
Pression de la concurrence
Parmi les défis, le dirigeant relève par exemple la pression toujours plus forte de la concurrence. «On est à la croisée des informations. On la collecte chez le client, on la transforme et on la diffuse. C'est ce que nous envient les autres professions telles que les avocats. Le défi pour nous est donc de continuer à être à cette croisée de l'information et de ne pas se laisser prendre cette place.» Tout en intégrant une tendance, toujours plus forte pour les petits cabinets: la spécialisation. «On s'oriente vers une spécialisation d'offres. On ne pourra plus être généraliste car il faut atteindre un volume suffisamment conséquent pour suivre les évolutions des normes. À terme, les petites structures seront donc amenées à ne plus tout faire», estime Hervé Dumoucel.
Expert-comptable à Rennes, Hervé Dumoucel estime que pour exister, les petits cabinets devront de plus en plus se spécialiser.