L’ancienne Manufacture des tabacs de Riom reprend, aujourd’hui, vie grâce à la maison Hermès. Édifié dans les années 1900 et inscrit aux Monuments historiques depuis 2004, le site qui produisait des cigarettes était à l’arrêt depuis 1975. Sans que depuis les projets de reconversion n’aboutissent. C’est finalement le groupe de luxe qui a racheté une partie des bâtiments il y a quatre ans (le reste est occupé par des logements). Il y inaugure ce vendredi 13 septembre son nouvel atelier de maroquinerie, d’une superficie de plus de 7 000 m², le 23e du groupe en France.
Implantation dans une friche
"Nous essayons désormais au maximum de rénover des friches industrielles. C’est plus complexe, car il y a des contraintes imposées par les Bâtiments de France, mais c’est en même temps très moderne. Cela limite l’artificialisation des surfaces. Et puis, nous nous inscrivons d’autant plus fortement dans l’histoire de la ville", souligne Emmanuel Pommier, directeur général du pôle artisanal Hermès maroquinerie-sellerie, qui ne souhaite pas dévoiler le montant des investissements.
Il s’agit du deuxième atelier de la maison dans le Puy-de-Dôme, après Sayat où, depuis 20 ans, Hermès fabrique déjà des sacs.
Modèle artisanal perpétué
Avec cette nouvelle ouverture, le groupe entend rester fidèle à son modèle artisanal. 250 salariés ont été formés aux savoir-faire d’excellence de la maison. La plupart ont été recrutés localement et 90 % des salariés ont effectué une reconversion professionnelle. Pour former ces nouveaux artisans, Hermès s’est appuyé sur l’expertise de ses équipes de la maroquinerie de Sayat.
"Confectionner un sac demande beaucoup de technicité. Cela prend entre 15h et 20h. Cinq modèles de sacs, dont le Birkin ou le Bolide, sont fabriqués à la main à Riom mais l’objectif est d’en produire d’autres", explique Emmanuel Pommier.
Retombées et notoriété pour le territoire
Cette installation d’Hermès est évidemment saluée par les élus locaux qui s’attendent à des retombées notamment en termes de notoriété. "Cette ouverture apporte un rayonnement supplémentaire à la ville. Cela peut attirer d’autres entreprises. La réussite entraîne la réussite", veut croire Pierre Pécoul, maire de Riom. "C’est le retour d’une manufacture avec une forte valeur ajoutée en plein cœur de ville, cela participe au retour du centre-ville dynamique. Cela va profiter aux commerces de proximité", abonde Frédéric Bonnichon, président de la communauté de communes Riom Limagne et Volcans, où se trouvent les deux ateliers puydômois d’Hermès.
Un business en croissance
Dirigé par Axel Dumas, membre de la sixième génération, Hermès (23 000 salariés dans le monde) conserve l’essentiel de sa production en France au sein de ses 43 manufactures. "100 % de notre maroquinerie est faite en France. Cela répond aux attentes des clients, très attachés à l’excellence française", note le directeur général du pôle artisanal Hermès maroquinerie-sellerie.
Loin d’être fragilisé par la conjoncture économique mondiale, le groupe profite d’une forte demande sur tous ses produits. L’an dernier, Hermès a réalisé un chiffre d’affaires de 13,4 milliards d’euros, en hausse de 21 % à taux de change constants.