Approchant des 60 ans, le futur de l'entreprise donnait à Raymond Hell des cheveux blanc. Il ne pouvait se résoudre à ce que ses 19 salariés, peu ou pas diplômés bien que qualifiés dans leur domaine, se retrouvent sans solution d'avenir. Sur les conseils d'un consultant, le dirigeant a mis en place une démarche de Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (GPEC) début 2007.
Validation de compétences
Après un audit complet de la société, un plan de validation des acquis de l'expérience a été mis en place pour 12 salariés. Au terme de la formation, 92% d'entre eux ont obtenu leur Certificat de qualification professionnelle de propreté ainsi qu'un module de validation des compétences électriques. «C'est pour moi et pour eux une grande fierté, témoigne Raymond Hell. Si les compétences qu'ils ont acquises tout au long de ces années sont réelles, elles n'avaient jamais été valorisées.» Au-delà des bénéfices humains, la GPEC a eu une autre incidence que n'avait pas anticipée le dirigeant: la productivité de l'entreprise a été améliorée, et ses résultats s'en sont ressentis. Le chiffre d'affaires est en hausse de 9%. Deux personnes supplémentaires ont été recrutées et quatre ou cinq autres sont planifiées.
Des aides existent
Les freins étaient pourtant nombreux. Le premier étant administratif et surtout financier: «Le budget total s'élevait à près de 107.000€. Grâce à une subvention de la direction du travail dans le cadre du GPEC, de notre organisme professionnel, l'INHNI et du FAF propreté pour la formation et enfin du Fonds social européen, les frais que nous avons assumés se sont élevés au final à moins de 20.000€», indique le dirigeant. Il a ensuite fallu convaincre et rassurer les salariés «en mettant cartes sur tables». Puis assurer les 2.000heures de formation sans nuire à l'activité de l'entreprise. Les salariés ont utilisé leur DIF. Dans ce dispositif, 50% du salaire de la personne formée est pris en charge. Le dirigeant s'est engagé auprès des salariés à leur verser les 50% restants. «Je n'aurais jamais cru pouvoir mettre en place un tel dispositif dans ma PME, avoue Raymond Hell. S'il est primordial d'être bien accompagné, la GPEC permet de faire le point sur son capital. Aujourd'hui, je le recommande à toutes les entreprises.»
Hell Netis, PME de 19 personnes, à Eschau prouve qu'investir dans une Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences efficace est aussi à la portée des plus petits.