Hélène Olivo : Patronne artiste

Hélène Olivo : Patronne artiste

D'abord vouée à une carrière de peintre, Hélène Olivo a amorcé, en 1985, un virage à 90º en prenant la direction, avec son frère, de l'entreprise éponyme de Roche-la-Molière fondée par leur père. Éternelle optimiste, créative dans ses moindres gestes, la quinquagénaire est une vraie patronne artiste. Stéphanie Gallo

À 20 ans, Hélène Olivo se voyait bien en haut de l'affiche. Plus de 30 ans plus tard, elle est bien en haut de l'affiche, mais pas de celle qu'elle imaginait. En lieu et place du nom d'artiste peintre dont elle rêvait dans sa jeunesse, Hélène Olivo dirige depuis une vingtaine d'années la PME familiale implantée à Roche-la-Molière et spécialisée dans la fabrication de containers isothermes pour l'agroalimentaire ou le médical. «Très franchement, je ne regrette rien. J'ai trouvé dans la gestion de mon entreprise autant de motifs de satisfaction que dans l'art. Pour être un bon dirigeant, il faut beaucoup de créativité. J'adore ça même si, parfois, c'est vraiment épuisant», confie la dirigeante. Pourtant, il y a 30 ans, elle n'était pas vraiment sur cette longueur d'ondes...




Des Beaux-Arts à Olivo

«J'ai suivi la section peinture de l'École des Beaux-Arts de Saint-Étienne. J'avais bien l'intention de vivre de mes toiles. Je suis monté à Paris mais j'ai vite déchanté», se souvient la quinquagénaire. Dessins textiles, bureaux de style... elle enchaîne les petits boulots pendant plusieurs années avant de se faire une raison. «Je n'avais jamais d'argent. J'en ai eu assez, je suis revenue ici». Sans emploi, et sans réelle compétence, elle l'avoue volontiers, elle a la chance de pouvoir intégrer l'entreprise familiale, Olivo, que son père avait créée dans les années 50. «Il n'y a eu aucun favoritisme, j'étais payée au Smic et je faisais un mi-temps de secrétariat. L'entreprise ne m'intéressait pas plus que ça alors que je baignais dedans depuis que j'étais enfant». Il faut dire qu'Hélène Olivo avait alors d'autres passions, la peinture toujours mais aussi la radio puisqu'elle était devenue, en 1981, l'un des piliers de SWK, nouvelle radio libre stéphanoise. «On a laissé tomber en 1985 avec l'ouverture à la pub, on a préféré se saborder».




Optimiste de la première heure

Son père décède la même année. «Je me suis retrouvée sans plus aucune implication artistique, sans passion pour mon travailet sans mon père. Il était évident que nous allions continuer, avec mon frère, prendre la relève mais je voulais faire un job intéressant». Profitant du recentrage stratégique de l'entreprise sur le produit spécifique du container isotherme, Hélène Olivo se positionne alors comme directrice commerciale. «Je pensais qu'il n'y avait pas besoin de compétences particulières», se souvient, dans un éclat de rire, la dirigeante. Depuis le départ à la retraite de son frère, l'année dernière, et son décès récent, Hélène Olivo a pris la fonction de directeur général. Sa mère de 89 ans ayant toujours le titre, honorifique avant tout, de P-dg. «À 54 ans, je suis encore obligée d'apprendre de nouvelles choses puisque je n'étais pas, auparavant, sur ces problématiques de gestion et de production.» Affectée par le décès récent de son frère, Hélène Olivo reste une optimiste de la première heure, une optimiste au sourire facile et au contact très chaleureux. Accessible, directe, elle semble avoir instauré, au fil des ans, une vraie relation de confiance avec ses salariés. La politiquede cette femme mariée qui n'a «pas eu le temps d'avoir des enfants»: «Une culture interne de gentillesse et de respect pour le travail collectif mené depuis des années». Et de conclure: «Je n'aime pas le mépris. Lorsque j'étais secrétaire, je n'aurais pas apprécié du tout qu'on me méprise... je n'ai pas oublié et je m'applique ces principes à moi-même».