Haute-Savoie : Savana continue sa Saga Africa
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Haute-Savoie : Savana continue sa Saga Africa

Spécialisée dans les intrants agricoles, Savana France s'est donnée pour vocation d'aider à « nourrir l'Afrique ». Pierre Lephilibert, directeur et fondateur de Savana, dévoile les rouages de la machine et fait le point sur l'agrochimie en Afrique.

Quelles-sont les activités de Savana France ?
Savana est spécialisé dans la distribution en Afrique de l'Ouest et Centrale de produits chimiques à destination de l'industrie et de l'agriculture. Dans le secteur agricole, nous avons décidé d'investir de nouveaux domaines de croissance : les semences et la nutrition des plantes, pour couvrir toute la chaîne alimentaire.

Savana a ouvert près d'une dizaine de filiales en Afrique ces dernières années. Quelle est votre stratégie pour poursuivre votre expansion ?
Le futur projet consiste à ouvrir une filiale en Côte d'Ivoire. Le hic : un ticket d'entrée très élevé de plusieurs millions d'euros. Pour l'heure nous nous contentons de consolider nos filiales nouvellement implantées au Mali et Sénégal. Nous sortons d'une phase d'expansion et 5 ans minimum sont nécessaires pour qu'une filiale soit autonome dans son développement. Nous projetons de maintenir une croissance annuelle d'environ 10 % et de continuer à mailler le terrain.

Vous vendez sous marques commerciales une quarantaine de spécialités phytopharmaceutiques. Dans quels pays vos produits sont-ils fabriqués ?

Principalement en Asie. Cela fait plus 40 ans que je suis dans le métier, pendant les 20 premières années l'essentiel de nos fournisseurs étaient européens. Mais l'Europe n'aime pas sa chimie. Qui du coup s'est développée en Asie : Inde et Chine principalement.

Vos concurrents sont parfois des acteurs mondiaux tels que LDC. Comment Savana parvient-il à demeurer compétitif ?
En étant sur le terrain. Nos équipes sont très souvent sur les routes, ce qui représente un coût élevé pour la structure locale. Les pays sont vastes, et les véhicules soumis à rude épreuve. La promotion de nos spécialités passe par des démonstrations en milieu paysan, puis des restitutions quelques semaines après avec les groupements de paysans impliqués, pour témoigner de l'efficacité du produit.

Quelle est la mission de la petite dizaine de salariés de Savana France ?
Notre travail en Haute-Savoie consiste à définir la stratégie de l'entreprise, notamment de décider quelles homologations nous allons déposer. L'équipe commerciale assure le suivi des activités des différentes filiales et sociétés affiliées, par de fréquents déplacements sur le terrain tandis que le back-office assure la bonne exécution des commandes. Elles exigent une logistique importante pour le transport des marchandises d'Asie jusqu'aux différents ports africains.

Comment vous est venue l'idée de vendre des produits phytosanitaires en Afrique ?

J'ai rencontré l'Afrique il y a 45 ans alors que j'étais un jeune ingénieur chimiste volontaire du service national (VSN) en Mauritanie. Depuis, je n'ai cessé de multiplier les voyages sur ce continent. Pendant 25 ans j'ai été directeur général associé dans le même type d'entreprise que Savana.

Comment gère-t-on l'instabilité politique dans certains pays ?
On assume le risque. Notre atout est d'avoir des nationaux aux postes de responsabilités. 99 % du personnel des filiales sont des des gars du pays. Par exemple, lors du récent coup d'Etat au Burkina Faso, certains cadres européens ont quitté le pays. Les nôtres sont restés car ils sont chez eux. Nous restons très attentifs à l'actualité quotidienne de ces pays, prêts à réagir rapidement et par exemple à sécuriser nos magasins en cas de troubles sociaux.

La guerre vous gêne-t-elle dans vos affaires ?
L'Afrique de l'Ouest est sous la menace du terrorisme islamique. Il y a 20 ans, nous pouvions traverser sans crainte le Sahara et voyager dans le Sahel sans appréhension. Aujourd'hui les coupeurs de route et djihadistes nous limitent considérablement dans nos déplacements professionnels. Il est ainsi interdit aux expatriés français de s'éloigner des capitales pour aller en province. Il faut indéniablement être familier de certains de ces pays pour s'y rendre, prendre le risque d'y investir et d'y travailler.

Savana France
(Thonon-les-Bains)
P-dg : Pierre Lephilibert
10 salariés
CA 2015 : 22 millions d'euros
www. Savana-France.com

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