«Nous avons écouté nos clients, observé nos concurrents et confronté nos stratégies», résume le directeur général du Port autonome de Paris Hervé Martel. Un «brainstorming» qui débouche sur la création d'un groupement d'intérêt économique (GIE) au nom évocateur: Haropa, pour «Harbours of Paris». Mais au-delà de l'addition des trois premières syllabes du nom de chacun des partenaires, cette signature commune affiche la nouvelle ambition des trois ports: «Nos concurrents ont une nouvelle donne face à eux», explique Laurent Castaing, le directeur du port havrais (GPMH). Et le GIE ne s'en cache pas, son ambition est bel et bien de «récupérer des parts de marché!»
Le 4e complexe portuaire européen
Philippe Deiss, le président du directoire du Grand Port Maritime de Rouen évoque «l'émergence d'un véritable acteur!». Un complexe portuaire qui pèse près de 100millions de tonnes de trafics, souligne ses promoteurs, «ce qui le place à la 4e place européenne», rappelle Laurent Castaing. L'Europe, c'est l'échelle à laquelle doit se confronter Haropa: «Brème, ce sont deux ports distants de 60km et Rotterdam, c'est l'équivalent de la distance entre Port-Jérôme et LeHavre». Hervé Martel enfonce le clou: «nous devons avoir l'ambition de jouer dans la cour des grands». Ambition sur les conteneurs, en priorité, dont les parts de marchés par rapport aux concurrents de la Mer du Nord devront être gagnées «très rapidement et de manière très importante». Le tout dans un contexte de concurrence accrue et même de «saturation de l'offre de terminaux à conteneurs dans le Range Nord». Côté gouvernance, c'est le Rouennais Philippe Deiss qui prend la présidence du GIE au sein d'un conseil d'administration qui réuni les trois directeurs des ports concernés, en charge d'élaborer la future stratégie commune. Mais les acteurs économiques, les salariés et les associations seront associés à la manoeuvre, rassure le président en échos aux réserves formulées par les unions portuaires havraise et rouennaise en fin d'année.
Une offre commerciale commune
Premier acte de ce mariage de raison et principale raison d'être du GIE, proposer une offre commerciale commune: «nous nous sommes trop longtemps épuisés à le faire chacun de notre côté», concède Philippe Deiss. Désormais, c'est Hervé Cornèdre, le directeur marketing du GPMH qui pilotera les équipes. Quant à l'évocation d'une fusion à termes des trois ports, Hervé Martel la balaye d'un revers de main: «aucun de nos clients ne nous le demande!» Un premier bilan des actions du GIE prévu pour le mois de juin prochain.
Guillaume Ducable
portuaire. Les ports de Rouen, LeHavre et Paris sont désormais réunis au sein d'un GIE dont l'objectif annoncé est de leur faire «récupérer des parts de marché».