Comme Obélix, Guillaume Beyens est tombé dans la marmite en étant petit. Pas celle de la potion magique, mais celle de la soupe à l'informatique. Mais pas question de rester scotché devant les casse-briques et autres ping-pong de l'époque, le jeune Guillaume Beyens, lui, ce qui l'intéressait dès l'âge de 13 ans, c'était de programmer. «Je détestais les jeux vidéos. Et c'est encore le cas aujourd'hui. Je n'en vois pas l'intérêt. C'est peut-être une déformation professionnelle. Pour moi, l'ordinateur doit être utile avant tout...». Une prise de position qui lui a valu les foudres de ses enfants à qui il a installé des filtres informatiques pour qu'ils ne jouent pas trop longtemps! Et même si son métier a évolué, s'il ne passe plus autant de temps devant son ordinateur à manger des pizzas et boire du soda comme tout bon développeur qui se respecte, son opinion n'a pas évolué d'un pouce sur la question. Il préfère largement prendre un bouquin, un Irving par exemple, et se plonger dans les méandres de l'intrigue. Pourtant, ses responsabilités, aujourd'hui, ne lui laissent pas autant de temps qu'il le souhaiterait pour s'adonner à sa passion. Car à 48 ans, il doit jongler entre le développement de son entreprise et la présidence de Loire Numérique qu'il assume depuis 2005.
D'un stage au tribunal de Saint-Étienne à Cienum
Sous son allure bonhomme agrémentée d'un sourire et d'une parole faciles, se cache une âme acérée d'entrepreneur, mise en branle depuis plus de 20 ans déjà. «J'ai fait une maîtrise de sciences économiques et un DESS informatique. Mon sujet de mémoire: ?Comment créer sa société informatique». C'est à la suite d'un stage au tribunal de Saint-Étienne, qu'il met la théorie en pratique et crée ?FBI System ?. «C'était vraiment nul comme nom...», ironise-t-il. Il réalise 2 applications, une pour la gestion des dossiers du comité de probation, l'autre pour les statistiques de la chambre correctionnelle. En quelques années, il conquiert la majeure partie des marchés concernés en France. Mais tout s'écroule en 1997, le Ministère de la Justice décide de changer de partenaire. Une décision qu'il conteste et qui est toujours en cours de jugement devant les tribunaux. «Quand j'ai raison, je ne lâche rien». Pour survivre, ?FBI System? rebaptisée entre-temps ?Axialogic?, doit se rapprocher juridiquement de Cornut informatique installée dans les mêmes locaux qu'elle, sur le Technopole. «Au fil des années, nous étions devenus copains avec Patrice Cornut». Parti en septembre2006 pour d'autres horizons, Patrice Cornut passe la main et ses parts dans la société à son acolyte, Guillaume Beyens, alors directeur technique. De nouvelles responsabilités qui l'éloignent de son métier de base, le développement. Il doit aujourd'hui se consacrer pleinement au développement de son entreprise, renommée récemment Cienum et à la mise en oeuvre de nouvelles stratégies. «Je pensais que cela allait me manquer car j'adorais vraiment cette activité. Mais finalement, je trouve autant de satisfactions dans ce nouveau job: trouver des solutions innovantes, monter des dossiers complexes... Il y a de nombreux parallèles». Mais la passion de l'informatique est toujours là. Pour preuve, l'enthousiasme et l'implication déployés au sein de Loire numérique, club des entreprises du numérique de la Loire, depuis 2005. «Ma motivation première: monter des projets collectifs».
À la tête de Loire numérique depuis 5 ans, le patron de l'hébergeur/fournisseur d'accès Cienum (Ex Cornut) à Saint-Étienne a annoncé son intention de ne pas se représenter en juin prochain. Il entend se reconcentrer sur son entreprise et sa famille.
Stéphanie Gallo