Groupe Vert étend sa toile pour plus de propreté verte
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Groupe Vert étend sa toile pour plus de propreté verte

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Groupe Vert, spécialisé dans le nettoyage des locaux professionnels, a procédé à 34 acquisitions depuis sa création en 2009. La dernière se déroulera cet automne à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Le groupe s’appuie sur une charte verte qui comprend produits écologiques et mise en valeur des agents. Son objectif est de doubler son chiffre d’affaires d’ici cinq ans.

L'équipe de direction de Groupe Vert (de gauche à droite) :Yann Lagadec (président), Grégory Quéré (DAF), Agnès Lagadec (DRH), Sébastien Morvan (Directeur du développement) et Pierre-Alexandre Pelage (DG) — Photo : DR

L’aventure Groupe Vert (25 millions d’euros en 2021, 1 500 salariés), spécialisée dans le nettoyage des locaux professionnels, est singulière. Le groupe a été créé en 2009 non pas pour regrouper des entreprises qu’il possédait déjà mais pour accueillir de futures sociétés qu’il comptait acquérir. Avec un projet fort, basé sur des valeurs éco-citoyennes regroupées dans une charte.

On y retrouve l’usage de produits 100 % biodégradables et la réduction de la consommation de l’eau et des énergies, qui passe notamment par l’utilisation d’un nettoyeur ne consommant, pour une surface de 80 m², que 16 ml d’eau au lieu des 40 litres pour du matériel traditionnel. En parallèle de la question environnementale, l’humain occupe une place prépondérante dans le document. Les agents ne portent pas de tablier mais des marinières et des chasubles. La proximité, notamment l’engagement que les agences se trouvent à moins de 50 kilomètres des clients, permet de limiter les déplacements. Et le terme de femme de ménage est banni au profit de celui d’agent vert environnement. Quant au travail de jour, il est fortement conseillé auprès des clients. "C’était un combat important pour nos agents, qui souhaitaient pouvoir davantage voir leurs enfants et on l’a gagné majoritairement", se félicite Yann Lagadec, qui a créé le groupe avec Nicolas Rault, dont il a racheté les parts en avril 2022.

34 acquisitions

Depuis la première acquisition en 2009, celle de DA Propreté Services, à Ploufragan (Côtes-d’Armor), 32 autres rachats ont été réalisés. En mai 2022, le finistérien Alain Nettoyage (120 000 euros de CA en 2021, 5 salariés) a rejoint le groupe. En juin, c’était au tour du morbihannais Briaac Serlic (500 000 euros de CA, 12 salariés). Cet automne, une entreprise basée à Saint-Malo, au profil similaire à celui de Briaac Serlic, deviendra la 34e acquisition de Groupe Vert, jusque-là seulement présent dans les Côtes-d’Armor, où se trouve son siège social, dans le Finistère et le Morbihan.

Cette succession d’opérations de croissance externe est cependant exceptionnelle. En 2021, par exemple, aucun rachat n’avait eu lieu et le groupe n’avait grandi que par croissance organique. "Le groupe se développe pour moitié par croissance externe et pour moitié par croissance organique. Depuis le début, nous progressons en moyenne de 10 % par an", confie le président, brestois d’origine. Sa recette est d’acquérir des entreprises bien connues sur leur secteur géographique, comme Netvime à Lorient (Morbihan) ou Axol à Morlaix (Finistère), de leur adjoindre quelques sociétés plus petites afin de créer une agence autour d’elles, qui prend le nom du territoire où elle se trouve. Il y en a dix aujourd’hui, il y en aura onze cet automne avec la création de l’agence "Pays de Saint-Malo". "À l’horizon de cinq ans, nous souhaitons arriver à une vingtaine d’agences pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros", ambitionne Yann Lagadec, des agences qu'il souhaite n'ouvrir pour l"heure qu'en Bretagne, pour la proximité et par attachement à la région.

Des chief happiness officer

Groupe Vert réalise des audits trimestriels de ses agences, assure le contrôle de gestion et les fonctions supports comme les ressources humaines, la communication et les achats. La force commerciale, composée de cinq personnes, est également estampillée Groupe Vert. Dans un métier comme celui de la propreté plus encore que les autres, les RH représentent un défi. "Nos métiers ne sont pas perçus comme nobles. C’est pourquoi nous devons donner envie de le faire et que ce ne soit pas juste un job en attendant de trouver mieux", estime le dirigeant. La holding se vante d’un turn-over de 3,5 % "bien en dessous de la moyenne du secteur", fruit de ses efforts de valorisation des agents cités plus haut mais aussi d’une politique salariale volontariste. "Nous étions à une moyenne de salaires 10 % au-dessus du Smic mais l’inflation nous rattrape", note le Breton, qui souligne que la rémunération de 500 personnes du groupe a été revalorisée en 2021.

Malgré cela, notamment pour accompagner la croissance des filiales, les besoins en recrutement sont constants. Groupe Vert déploie donc "plein de petites solutions" pour parvenir à séduire les candidats. "Nous mettons des moyens dans nos agences, où une assistante est chargée de la question. Nous avons également un Bus de l’emploi, qui va chercher les gens chez eux, dans les villages. Et nous avons des chief happiness officer, qui mettent des fleurs dans les locaux, organisent des barbecues, des sorties sportives… Grâce à tout cela, on souffre moins que nos concurrents."

Arrivée d’un premier robot

L’arrivée des robots dans le secteur devrait également permettre de faire diminuer la pression, même si Yann Lagadec précise qu’ils ne "remplaceront pas les gens mais compléteront leur travail dans leurs tâches les plus ingrates", notamment sur les grandes surfaces de plusieurs milliers de mètres carrés. Sil ne travaille pas dans le nettoyage des process agroalimentaires ou dans celui des chambres d’hôtel, qui sont des "métiers différents" - ce qui ne l’empêche pas d’avoir des clients dans ces secteurs d’activité mais pour la partie bureaux - Groupe Vert possède des clients comme McDonald’s, les concessionnaires auto Bodemer et Cobredia, Tanguy Matériaux ou encore le Groupe Le Graët, qui possèdent des surfaces importantes. Le premier robot du groupe arrivera cet automne. Sa valeur s’élève à 40 000 euros. Il sera loué à un client et restera sur place, pour un coût mensuel de 2 500 euros, comprenant son utilisation par un agent et le SAV. "On peut penser que nous en commanderons ensuite quatre à cinq par an", confie le patron, dont l’entreprise possède déjà des auto-laveuses i-mop manipulées par un agent, qui soulagent les professionnels mais permet également d’augmenter les cadences.

Outre ses activités de nettoyage, Groupe Vert réalise également des prestations de syndic, qui représentent 20 % de son chiffre d'affaires, de remise en état (par exemple après une fin de chantier) et de bardage, intérieur et extérieur.

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