Groix et Nature : La conserverie mitonne sa croissance sur l'île
# Agroalimentaire # Investissement

Groix et Nature : La conserverie mitonne sa croissance sur l'île

Pour ses 15 ans, Groix et Nature s'est offert un atelier de fabrication dimensionné pour sa croissance. La conserverie artisanale a investi 2,2 millions d'euros à Groix. Tournée vers l'international, aguerrie à la vente en ligne et en boutiques, Groix et Nature mise aussi sur l'innovation.

« Mon île est en train de crever ! » Christian Guyader n'est pas resté insensible au cri du coeur poussé il y a quinze ans par Dominique Yvon, maire de Groix. Le capitaine d'industrie finistérien est en effet à la tête d'une galaxie d'entreprises gastronomes réunies au sein du groupe Guyader (450 salariés et 75 millions d'euros de CA). Et pourtant, la conserverie groisillonne tire ses bords seule. « C'est un autre projet, une autre aventure humaine ». Et pour son 15e anniversaire, l'entreprise adolescente s'est dotée d'un outil pour aborder l'avenir. Groix et Nature a investi 2,2 millions d'euros pour se doter d'un bâtiment de 1.100 m².

« Pas simple une entreprise sur une île »

L'insularité, un point essentiel pour toute la stratégie de l'entreprise. « Monter et développer une entreprise sur une île ce n'est pas simple. C'est un élément que nous avons pris en compte dans notre investissement. Le matériel de production doit être de qualité : nous n'avons pas le droit aux pannes ». Dans les 900 m² d'ateliers de fabrication, rien d'étonnant donc de trouver du matériel en double notamment les lignes de production. Fabricante de conserves artisanales, Groix et Nature s'approvisionne essentiellement en poissons frais à Lorient qui compte une centaine de bateaux côtiers. Mais là encore, l'entreprise insulaire a un positionnement particulier. « Nous travaillons principalement avec Moulin Marée à Lorient qui nous prépare et nous livre chaque matin le poisson en filets. Nous nous fournissons aussi auprès de Furic au Guilvinec (29). Nos poissons sont préparés en amont car, si sur l'île nous produisons des déchets, nous devons les ramener sur le continent et cela a un coût ».

Un million de pots de rillettes

L'entreprise est également l'un des employeurs majeurs de Groix. Les neuf salariés de l'atelier sont tous Groisillons, d'origine ou d'adoption. Depuis deux ans, les indicateurs de la société sont au vert. Tournée donc la page de la première année. « On ne gagnait pas d'argent après notre premier exercice. Je voulais comprendre pourquoi. La recette que je connaissais pour une PME n'était peut-être pas adaptée à une petite et jeune entreprise. J'ai même dormi dans l'usine pour comprendre. » Et la bonne équation, Christian Guyader a fini par la trouver : production artisanale et chartée, professionnalisation des équipes, process maîtrisé. La tendance a été inversée. Pas moins d'un million de pots de rillettes sont sortis de l'atelier l'an passé soit le double de ce qui était produit en 2007. La croissance « en progression naturelle de 20 % chaque année » passe par les marchés. Et la conserverie a su ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier côté débouchés. La vente en GMS en Bretagne et en région parisienne représente 45 % de ses 2,6 millions d'euros de volume d'affaires. Si ces ventes s'effectuent en marque propre, elle réalise à la marge quelques produits en MDD pour les centrales d'achat de U et Franprix. Optant pour un positionnement premium, l'entreprise groisillonne a su séduire les épiceries fines comme Lafayette Gourmet. Elle est aujourd'hui présente dans 250 épiceries fines françaises et elle affiche une croissance annuelle de 20 à 30 % sur ce canal de distribution. Dans la même lignée, 15 % de ces ventes sont générées par les MDD de détaillants tels que Fauchon ou Comtesse du Barry.

Le conserveur innovant

Insulaire, Groix et Nature a un appétit pour l'export. Et ce rôle est confié à Marianne Guyader, fille du P-dg, qui trace cette voie. De 2 % à ses débuts, le pourcentage des volumes exports est aujourd'hui de 10 % et la volonté est qu'il ait une place encore plus significative à l'avenir soit 20 à 30 %. Les produits de la conserverie sont présents en Europe mais aussi aux Etats-Unis, à Dubaï, au Japon, en Malaisie et vraisemblablement demain en Chine. Ses boutiques, à Groix et plus récemment en 2014 à Lorient, génèrent elles aussi du chiffre d'affaires. Elles sont un levier de plus de croissance à l'instar du site e-commerce lancé en 2010 et qui sera l'une des priorités 2016. Mais pour Christian Guyader, le développement passe aussi par l'innovation. En 2012, l'huile de homard, est lancée. Primée au Sial, elle est aujourd'hui plébiscitée par plusieurs chefs étoilés ou non. Et demain, d'autres produits vont sortir de chez Groix et Nature : sardines debouts, plats cuisinés, l'entreprise ne veut rien s'interdire.

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