Le virus de la grippe A/H1N1 a fait son apparition dans la Loire et avec lui son lot de questions notamment pour les chefs d'entreprises. Que dois-je faire pour protéger mes salariés? Comment maintenir mon activité si le taux d'absentéisme explose? Faut-il mettre en place un plan de continuité et surtout en quoi cela consiste? «Les entreprises se posent beaucoup de questions et commencent à s'inquiéter», confirme Françoise Cluzel, docteur pour Sud Loire Santé au Travail. Et d'ajouter: «Ce sont surtout les grosses entreprises qui sont les mieux préparées. Mais les petites PME, qui se sentaient jusqu'à présent moins concernées, commencent à s'y mettre».
Mieux vaux prévenir que...
Responsable QSE à temps partagé, Aurélie Lionnard accompagne cinq PME locales (Billard Engrenages, Denis Somain, Isobat Façades, Mecanotub et Sodam) dans cette démarche. «J'ai fait une campagne d'information auprès des salariés avec un questionnaire pour connaître leurs modes de transports, leurs modes de garde des enfants, pour savoir s'ils étaient prêts à être vaccinés. Parallèlement, j'informe les dirigeants sur la nécessité de mettre en place un plan de continuité en identifiant les compétences de chaque salarié et les polyvalences. Certaines entreprises sont plus avancées que d'autres sur ces questions», confie-t-elle. Chez SNF-Floerger à Andrézieux-Bouthéon, la menace est prise très au sérieux. Depuis plusieurs mois, le leader mondial de la fabrication de polymère pour le traitement de l'eau n'a eu de cesse d'anticiper une possible pandémie grippale au sein de son établissement. «À ce jour, nous avons commandé 35.000 masques FFP2 et plus de 5.000 masques chirurgicaux. Nous venons aussi d'investir dans une dizaine de distributeurs de gel hydroalcoolique sur pied et 50 autres muraux. Nous prévoyons aussi d'acheter un thermomètre frontal par service», confie René Hund, président de SNF SAS et directeur général technique du groupe. Parallèlement à ces achats, la direction a également mis l'accent sur le respect des règles d'hygiène en interne avec la mise en place d'une campagne informative et également restrictive. En effet, ces dernières semaines, les 700 salariés du site ont reçu pour consigne de ne plus se serrer la main ou s'embrasser. Pour se dire bonjour, le responsable de la communication Jean-Philippe Letullier a même imaginé de nouveaux saluts... façon militaire, baba-cool ou encore monsieur Spok dans Star Treck!
Maintenir l'activité coûte que coûte
Commander des masques, informer, imposer des règles... ne suffit néanmoins pas à garantir le maintien de l'activité. «Les entreprises doivent se préparer à faire face à un taux important d'absentéisme. Elles doivent définir les postes clefs, ceux qu'il faudra assumer coûte que coûte, mais aussi s'assurer que leurs fournisseurs en feront de même», explique Françoise Cluzel. Chez SNF-Floerger, l'inquiétude n'est pas à l'ordre du jour sur cette question. Tout a été pensé, rédigé et consigné dans le plan de continuité d'activité. «Dans notre métier, nous ne pouvons pas nous permettre de nous arrêter. Nous avons toujours su développer la polyvalence de nos salariés. Pour un poste donné, j'ai trois à quatre personnes susceptibles de faire le travail. Résultat, même avec 40% d'absentéisme, j'ai ce qu'il faut pour faire tourner l'entreprise», argumente René Hund. Côté fournisseurs, là encore tout est prévu. «On leur a demandé de mettre en place un plan de continuité avec des règles similaires aux nôtres. Depuis juillet, nous avons également fait monter notre stock de matières premières et d'emballage», complète le président de SNF SAS. Chez Vériplast à Firminy, tout a été planifié depuis mai. Équipements de protection, renforcement des dispositifs de téléconférence et visio-conférence, communication interne, plan de continuité des fournisseurs... Tout a été consigné dans le plan d'actions phase 5. «Nous avons également prévu notre plan d'actions si la France passe en phase 6 ou si un cas se déclare en interne. Nous avons aussi mis en place une cellule de veille qui aura pour mission de coordonner l'élaboration du plan de continuité et assurer sa mise en oeuvre en phase 6», explique Christine Goudart, directrice des ressources humaines. Et d'ajouter: «Nous avons 3 semaines de stock de masques pour les 407 salariés répartis sur nos deux sites à Firminy et en Haute-Loire. Les postes clefs sont identifiés et disposent d'un doublon et si l'absentéisme dépasse les 20%, nous avons même identifié les personnes capables de travailler en home office plutôt que de courir le risque d'être contaminé sur le lieu de travail». On l'avait compris, sauf scénario catastrophe, Vériplast devrait pouvoir poursuivre son activité.
Dans la Loire, le virus H1N1 a fait son apparition. Une menace que les entreprises ne prennent pas à la légère. Pour faire face à la pandémie, les grands groupes ont déjà réfléchi depuis plusieurs semaines à un plan de continuité. Inquiètes, les PME commencent à s'y mettre aussi !