Comment percevez-vous le tissu économique grenoblois ?
Nous avons trois grandes familles politiques : les écologistes à la ville, les socialistes à la Metro, les républicains au département et à la région... Je veux défendre les entreprises sans faire de politique, en parvenant à ce que toutes les sensibilités différentes se mettent autour de la table avec le monde économique pour discuter. Le but est de sortir de l'ornière, je n'ai pas envie de laisser mourir cette ville.
Avez-vous déjà mis en place des rencontres régulières avec la Ville ?
Elles n'ont pas encore été vraiment amorcées, mais je l'espère. Maintenant que toutes les élections locales sont passées -et il fallait en passer par là pour que tout se mette en place-, le dialogue peut commencer. Relevons-nous les manches par rapport aux orientations de chacun. On a tous envie qu'il n'y ait plus de pollution dans Grenoble, que les jeunes enfants en bas âge n'aient plus de bronchiolite... Il faut réfléchir à tout ça.
La rupture de dialogue entre la ville et les commerçants grenoblois lors des Assises du commerce a fait grand bruit cet hiver...
Il est vrai qu'il y a eu des tensions avec les commerçants. Même si je n'étais pas au coeur des discussions à ce moment, je comprends que les commerçants aient pu avoir des difficultés. Il n'est jamais bon de passer par la presse pour se tirer dans les pattes. Il faut que la discussion reprenne. Il est dans l'intérêt de tous que le commerce aille bien.
Vous souhaitez pour que les acteurs publics se rapprochent du monde privé ?
Il faut que les hommes politiques écoutent aussi le monde économique qui crée la richesse du territoire. J'ai moi-même plusieurs sociétés : j'écoute mes salariés tous les jours, et je prends mes décisions par rapport à ce qu'ils me disent. Je voudrais que les politiques fassent de même. Il faut se mettre autour de la table, quitte à apprendre que certains ont parfois de bonnes raisons à vouloir ou ne pas vouloir quelque chose.
Quelles sont vos priorités en tant que président du Medef ?
Il y a plusieurs choses mais on sait déjà que la circulation dans l'agglomération est catastrophique. Et ce n'est pas forcément une question de rouler à 30km/h, car parfois, on ne roule tout simplement pas ! On sait que le noeud numéro 1 est le Rondeau et il semble exister un consensus là-dessus. Il y a quelques tiraillements concernant l'élargissement de l'A480, mais le président de la Métro, Christophe Ferrari, disait lui-même lors de ses voeux qu'il existe une possibilité que cet aménagement soit pris en charge par l'Area à hauteur de 300M? par un allongement de la concession, sans péage. Il ne faut pas s'asseoir dessus, en regardant pourquoi pas la faisabilité d'une troisième voie pour les véhicules prioritaires et les transports en commun...
Avez-vous d'autres sujets qui vous tiennent à coeur ?
Le Center Parcs de Roybon par exemple : 90% des gens du secteur sont pour. Mais à l'époque, les élus n'ont rien osé dire car il y avait eu le drame de Sivens... Or, beaucoup de gens de Roybon veulent que ce projet se fasse.
P-dg du groupe de BTP Streiff, Pierre Streiff ancien président de la fédération du BTP de l'Isère a été élu président du Medef 38 début janvier. Voici ses priorités.