Grenoble : Advicenne se rapproche de Primex Pharmaceuticals
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Grenoble : Advicenne se rapproche de Primex Pharmaceuticals

Pharmacie. Trop petit pour assumer son développement commercial, Advicenne vient de céder l'un de ses produits au Suisse Primex Pharmaceuticals.

Permettre la sédation d'un enfant pour un examen médical, sans avoir recours à une anesthésie générale. Tel est l'objectif du nouveau produit développé par Advicenne. « Nous avons industrialisé et fait des essais cliniques pour enregistrer ce produit, issu d'une collaboration avec la pharmacie hospitalière du CHU d'Amiens, afin qu'il soit mis sur le marché. Dans certains pays, il n'est pas toujours facile d'avoir accès à un anesthésiste », explique Luc André Granier, CEO d'Advicenne. Cette solution orale viendra combler un vide dans l'arsenal à disposition des médecins, entre les gaz anesthésiants de courte durée et l'anesthésie générale. « Nous ne l'avons pas intégré dans notre portefeuille car nous n'avions pas les forces marketing nécessaires pour toucher les 450 centres hospitaliers potentiels », estime le cofondateur. Advicenne a donc décidé de s'associer avec un laboratoire pharmaceutique suisse, Primex Pharmaceuticals, « un major player de l'anesthésie ». La transaction, de plusieurs dizaines de millions d'euros, inclut des versements échelonnés en fonction de jalons préétablis et de royalties. D'après le laboratoire suisse, qui parle d'une « percée dans le domaine », le marché potentiel est estimé entre 100 millions d'euros et 350 millions d'euros par an. « C'est un modèle qui peut être reproduit », glisse le CEO.




Une aventure sociale et humaine

À l'origine de la société, cofondée par Luc-André Granier (médecin et docteur en biologie moléculaire) et Caroline Roussel (ingénieur en biologie industrielle), résidait des besoins médicaux non-couverts dans le domaine des maladies neurologiques et néphrologiques de l'enfant. « Ces marchés de niche étaient souvent délaissés par les grands laboratoires pharmaceutiques, qui ont l'impression de ne pas pouvoir les rentabiliser », explique-t-il. Avec ses formes d'administration compatibles avec la petite enfance, le laboratoire a développé un second marché, celui de la reformulation de médicaments existants adaptés aux enfants. Née à Nîmes, la société a grandi simultanément à Grenoble avec l'implantation de la cofondatrice, et des activités de formulation et d'industrialisation. « Nous avons tissé des liens avec des médecins sur l'ensemble du territoire pour définir leurs besoins, en travaillant notamment avec les Hospices civils de Lyon et l'hôpital Necker de Paris ainsi qu'avec des parents d'enfants malades et des infirmiers ».




Vers les marchés étrangers

Son modèle ? Aller par elle-même sur le marché avec sa propre force de vente (2 visiteurs médicaux), ou bien en partenariat avec d'autres laboratoires, notamment pour le marché étranger. À moyen terme, Advicenne vise à percer le marché européen, nord-américain et japonais. Le laboratoire prépare le lancement d'un produit en neurologie pédiatrique, qui devrait être commercialisé dans l'année en France tandis que le produit cédé à Primex devrait être lancé sur le marché européen d'ici 2017-2018. Dans cette industrie, le cycle de développement d'un produit est compris entre 5 et 12 ans. Pour se financer, Avidcenne a dû procéder à deux levées de fonds en 2011 et 2013 auprès du fonds toulousain Ixo PE et du fonds InnoBio de BPI France. L'entreprise a bénéficié de subventions et d'avances remboursables dans le cadre du programme Horizon 2020 de l'Union Européenne. « Au total, nos besoins en financements se sont élevés à 25/30 millions d'euros », annonce Luc-André Granier. Le laboratoire compte aujourd'hui 16 salariés, dont 4 basés à Grenoble.




Advicenne




(Nîmes et Grenoble) Dirigeants : Luc André Granier et Caroline Roussel 16 salariés CA : NC www.advicenne.com

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