Associé depuis 2007 au cabinet 2ABD de conseil en gestion et formation de personnel (4salariés), à Wasquehal, Grégoire Dubar mise beaucoup sur les nouveaux groupes de co-développement professionnel. Explications.
Qu'est-ce que le co-développement professionnel? Les groupes de co-développement professionnel que nous sommes en train de lancer nous viennent d'une approche canadienne, d'Adrien Paillette et de Claude Champagne. L'idée est de réunir ensemble des pairs qui vont travailler à chercher à améliorer leurs pratiques professionnelles. C'est une nouvelle façon de former. L'école me permet d'acquérir des compétences; la formation continue d'apprendre un savoir-faire; et le co-développement de partir de ma pratique et de ce que je vis dans mon job pour me former.
Concrètement, comment s'organisent de tels groupes? À tour de rôle, un membre du groupe va être le «client» et les autres vont jouer un rôle de coach. L'intérêt est d'apprendre à apprendre, en partant d'une pratique au quotidien. L'objectif est ambitieux. Il s'agit d'apprendre à exposer, à formuler une problématique, à structurer sa démarche.
Quels autres bénéfices peut-on en tirer? Le premier bénéfice est d'améliorer sa pratique professionnelle. Le simple fait de formuler son problème va aider la personne à le résoudre. Être recadré par un groupe, et donc formé par ses pairs, permet de changer son regard sur le problème. Cette méthode permet de montrer aux gens à montrer leur incompétence, à recevoir un feedback, à reconnaître ses limites. Ce n'est pas évident dans un monde d'entreprise, un monde de compétition. Il y a de la demande dans les entreprises, plutôt les grandes d'ailleurs. C'est un programme pour des personnes à potentiel. L'objectif est aussi de travailler en réseau dans les entreprises.
Par rapport au coaching, quel est votre sentiment? Le coaching est complémentaire et reste une formation innovante. C'est prendre le risque d'aller vers l'inconnu. Il faut oser, sortir du cadre, oublier ce que l'on sait, repousser ses limites pour améliorer ses pratiques. Comme tout nouveau métier, le coaching se développe et n'a pas atteint sa maturité. Il a encore besoin de se professionnaliser. La crise a bousculé un peu la donne. La tendance de fond est à l'évolution du métier.
Propos recueillis par G.B.
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