À Castries, en périphérie de Montpellier, le fabricant de studios de jardin Greenkub (145 salariés, 24 millions d’euros de chiffre d’affaires 2024) a acquis en ce début 2025 un nouveau site en face de son siège de 2 500 m2 (dont 1 800 m2 d’entrepôt), qu’elle occupe depuis 2021. D’ici la fin du premier semestre, l’entreprise héraultaise y démarrera la préfabrication de ses habitats compacts. Cette activité est jusqu’à présent sous-traitée à Servian, près de Béziers, à 80 km de là. "Cela va nous permettre de réduire nos coûts de transports. Par ailleurs, nous allons pouvoir aller plus loin dans la R & D. Pour réaliser des tests, nous devons être sur place", décrit Alexandre Gioffredy, qui a créé l’entreprise en 2013. Les éléments de solivage, de bardage, les terrasses, les pergolas seront dorénavant réalisés à Castries. Coût de l’opération : 1,6 million d’euros. Cinq recrutements sont envisagés.
"Notre premier concurrent, c’est le déménagement"
Cet atelier constituera le 3e site de Greenkub, qui compte en outre un entrepôt logistique de 2 000 m2 à Meaux, en Île-de-France, destiné à couvrir le nord du pays. La PME reste en recherche d’un point de chute supplémentaire en Nouvelle-Aquitaine.
Un tiers du chiffre d’affaires avec les modèles de 50 m2
L’internalisation de l’activité de préfabrication coïncide avec une transformation de la production pour répondre à une évolution des usages, donc du marché. Les clients ne recherchent plus seulement un studio de jardin d’agrément, mais envisagent le module Greenkub comme une extension de leur habitat. La tendance est nette : "Il y a deux ans, notre plus grand modèle, de 50 m2, représentait 5 % du chiffre d’affaires. Il atteint 30 % aujourd’hui", constate le dirigeant. Un module de 50 m2 coûte 115 000 euros.
Compte tenu du contexte économique et immobilier, les gens cherchent à agrandir leur espace de vie sans avoir à déménager. Dans ce contexte, l’offre clé en main (opérations administratives comprises) proposée par Greenkub séduit. "Notre premier concurrent, c’est le déménagement", sourit le dirigeant. Plus sérieusement, "notre concurrent désormais est la construction traditionnelle en dur".
Une demande nouvelle implique une montée en gamme
La PME a donc travaillé à une montée en gamme. Elle a changé de matériau, délaissant le SIP-Panel léger et son isolation en PET (plastique recyclé) pour du CLT (bois lamellé croisé) doublé de 14 cm d’isolation en fibre de bois. "Le produit est plus écologique, ses propriétés mécaniques sont meilleures", assure Alexandre Gioffredy. Le premier habitat Greenkub nouvelle génération a été installé en novembre 2024.
Une logique de supply chain
Bien que supérieure à 20 % en 2024, la croissance de l’entreprise a connu un léger ralentissement du fait de ces opérations de restructuration. Fort de ses nouvelles bases, Greenkub va poursuivre sa dynamique soutenue, en s’appuyant sur la souplesse et la rapidité de construction qui font sa différence. "Nous appliquons une logique de supply chain, en industrialisant le process de fabrication", commente Alexandre Gioffredy. Il s’agit de construction en semi hors site : les chantiers sont livrés en pièces détachées, que les équipes de Greenkub assemblent sur place. "Nous pouvons notamment opérer sur des parcelles difficiles d’accès", indique sont dirigeant. Tout est réalisé en filière sèche, sans placo ni peinture, sans temps de séchage, sans attente d'intervention d'artisans extérieurs, donc sans interruption de chantier. Un habitat Greenkub sort de terre en quinze jours ouvrés (trois semaines) contre six mois à un an pour une maison classique. En 2024, la société a commercialisé 1 000 Greenkub.