C’est une première pour la métropole grenobloise : une partie de ses travaux de terrassement pour les réseaux d’électricité et de gaz seront désormais réalisés grâce à des machines 100 % électriques, diminuant considérablement l’empreinte carbone de la ville et la pollution sonore pour les habitants. Une démarche lancée par le gestionnaire de réseaux de la ville de Grenoble GreenAlp (215 salariés, 70 M€ de CA), qui a souhaité augmenter la part RSE dans l’attribution des notes lors des procédures d’ouverture de marchés. L’agence Colas de Bresson (200 salariés), dans l’Isère, a remporté le marché, grâce à sa proposition de chantier électrique et alors que l’entreprise a pour objectif de réduire son impact carbone de 30 % à horizon 2030.
20 % des chantiers de terrassement en électrique
"Nous avons demandé aux entreprises sous traitantes de nous proposer des actions concrètes en matière de RSE, sans les orienter sur les solutions possibles, pour les inciter à innover", explique ainsi David Beauveil, président du directoire de GreenAlp. L’accord conclu avec Colas pour une durée de quatre ans prévoit que 20 % des chantiers de terrassement de GreenAlp soient désormais effectués avec des engins 100 % électriques. Une démarche environnementale volontariste puisque les chantiers de terrassement représentent le plus gros marché annuel de GreenAlp, entre 2 à 3 millions d’euros.
22 tonnes d’émissions de CO2 en moins
"Nous devrions désormais avoir un chantier en tout électrique à tout moment de l’année, puisque nous avons sur ce marché en moyenne 5 équipes de terrassement en permanence à Grenoble", poursuit le président du directoire. Au total, ces chantiers 100 % électriques devraient permettre d’économiser 22 tonnes de CO2 par an par rapport à un chantier traditionnel.
Un investissement sur l’avenir pour Colas
Le prix des équipements électriques (marteaux-piqueurs, pelleteuses, fourgons et machines électroportatives…) est pour le moment plus élevé que leur équivalent essence. Mais pour Colas, si ce type de matériel représente un surcoût, il est surtout un véritable investissement pour l’avenir. "Investir dans l’électrique permet aux entreprises de travaux et de construction d’acculturer leur personnel à ce type d’engin, en prévision du passage au tout électrique, qui est inéluctable", estime encore David Beauveil. "Investir dans l’électrique permet aussi de répondre à la demande de maîtrise d’ouvrage en apportant une offre différenciante", poursuit le président. Côté maîtrise d’ouvrage, ce type de chantier n’a en revanche pas représenté de surcoût. "Nous avons eu cette très belle surprise à l’ouverture des plis : non ce n’est pas plus cher", affirme-t-il.
Une démarche RSE engagée dès 2019
La démarche engagée du gestionnaire de réseaux remonte à 2019. GreenAlp et le département achats de GEG, le fournisseur d’électricité et de gaz grenoblois, ayant clairement affirmé leurs objectifs dans une politique ambitieuse : "toute notre flotte est ZFE compatible, avec des voitures fonctionnant à l’électrique ou au BiogenD, mis à part les poids lourds", explique encore David Beauveil. Depuis 2024, le gestionnaire de réseaux a donc mis en œuvre une démarche d’achat encore plus innovante en termes de RSE, afin d’accompagner les entreprises pour verdir leur activité.