Grandde : "Je ne veux pas fermer l'enseigne"
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Grandde : "Je ne veux pas fermer l'enseigne"

Président de Grandde, spécialiste du développement durable en entreprise, Jean-Michel Thouvignon doit se résigner a voir disparaître, sous sa forme actuelle, l'association qu'il a fondé en 2006 faute de financement régional.

Le Journal des Entreprises : La Région n'ayant pas renouvelé son financement auprès de Grandde, vous nous disiez le 13 octobre que l'existence de l'association était menacée. Vous avez cependant eu un nouveau rendez-vous avec la Région le 19 octobre. Qu'en est-il ressorti ?

Jean-Michel Thouvignon : Nous avons en effet rencontré la directrice en charge du développement durable à la Région le 19 octobre. Nous avons pu exposer la philosophie de notre action et la rencontre a été plutôt positive et constructive. Nous avons pu convaincre qu'il y avait du concret dans les programmes de Grandde. Nous sommes partis sur le fait qu'il y avait une possibilité de soutien de la Région pour 2017, à condition de repenser notre demande en précisant notre programme d'actions, les résultats attendus et le financement. Mais, notre convention avec la Région a pris fin et la difficulté à laquelle nous sommes confronté se mesure en terme de délais car il est trop tard pour obtenir une subvention sur 2016 et nous ne pourrons pas avoir d'engagement de la Région avant le début 2017.

Dans ces conditions, Grandde peut-elle subsister ?

J-M.T : Je suis confronté à deux problèmes, dont le premier concerne le personnel. Compte tenu de cette rencontre tardive avec la Région, je vais devoir me séparer de l'ensemble du personnel de l'association, avant le 1er janvier 2017. Car, je n'ai pas suffisamment d'engagements hors Région pour pouvoir conserver le personnel. Mais, malgré tout, je veux maintenir la dynamique de Grandde, ne pas fermer l'enseigne! Nous sommes une association et pouvons continuer de mener des actions sur la base du bénévolat. On repart à zéro, comme à la création il y a dix ans mais avec notre expérience. Et puis, j'espère que suite à cette réunion du 19 octobre avec la Région nous pourrons trouver bientôt de nouveaux moyens pour nous relancer.

Comment envisagez-vous l'avenir de Grandde ? Un simple think thank ?

J-M.T : J'espère que l'on pourra être plus qu'un think thank, en menant des actions territoriales. Nous avons, par exemple, mis en place une action sur la gestion durable des zones d'activités, une voie vers l'écologie industrielle. On pourrait développer cela avec des entreprises, des collectivités, notamment du côté de l'Estuaire avec les acteurs du futur pôle métropolitain. L'idée serait de transmettre cette capacité à aller vers ces actions. Avoir la possibilité de rentrer dans l'action, en plus de la réflexion. Peut-être, à terme, devra-t-on envisager d'aller vers une société de conseil de manière à réduire la pression sur nos financeurs publics. Car il y a une demande sur ces problématiques. Mais, nous voulons être plus que des consultants, aller plus loin en proposant l'expérimentation et la prise de risques. C'est une possibilité qui mérite réflexion.

La position de la Région

J-M.T : Dans nos colonnes du 13 octobre dernier, Hubert Dejean de la Batie, vice-président de la Région Normandie en charge de l'environnement avait précisé la position de la Région: "La lisibilité de leur plan d'action n'était pas très claire. Leur demande de subvention était trop généraliste. Dans l'accompagnement des entreprises nous avons pléthore d'acteurs et nous voulons arrêter le saupoudrage, d'où la création de l'Agence de développement Normandie (ADN, Ndlr)". L'élu avait aussi pointé la volonté de la nouvelle équipe régionale de ne plus subventionner d'associations financées à plus de 50% sur fonds publics: "Leur modèle économique a posé problème".

Suite à la réunion du 19 octobre, Hubert Dejean de la Batie confirme l'impossibilité d'un financement de Grandde sur 2016 mais aussi son envie de travailler avec l'association à partir de 2017 sur les sujets environnementaux: "Je voulais que les responsables de Grandde soient reçus car même si la façon dont ils sont financés n'est pas éligible à nos aides, leur expertise est intéressante en matière de problématiques environnementales. Ma directrice a identifié des pistes pour travailler avec eux sur des actions environnementales. Mais pour 2016, les délais étaient trop courts pour un financement et je ne pouvais pas débloquer l'intégralité des fonds nécessaires au fonctionnement de l'association. Cependant, l'association est à présent bien référencée de manière à ce que l'on puisse travailler ensemble à partir de 2017. Le service environnement de la Région a des actions sur lesquelles Grandde sera sollicitée et sur lesquelles ils seront financés. Des thématiques que nous définirons ensemble et qui rentrent dans le plan stratégique de la Région".

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