Quatre millions d'euros: c'est l'enveloppe globale que vient de lever la société aixoise Graftys, spécialiste des biomatériaux de synthèse et des substituts osseux intelligents, auprès de ses investisseurs historiques (Octalfa, Oréo Finances, Viveris Management) et d'un nouveau venu, la société de capital-risque Ventech.Un troisième tour de financement qui devrait permettre à Graftys d'obtenir dès 2012 les premiers résultats cliniques pour sa technologie principale destinée aux patients ostéoporotiques. «Nous avons coutume de dire que ce produit est la ?colonne vertébrale? de notre société, sourit Jean-Marc Ferrier, président du conseil d'administration de Graftys. Nous avons reçu fin décembre la qualification de ?medical device? pour le marché des États-Unis, ce qui est une très bonne nouvelle pour nous. De même, nous avons obtenu le feu vert nous permettant de lancer dès cette année les essais cliniques de notre produit sur l'Homme. Il s'agit d'une étude pilote destinée à démontrer la performance de notre implant synthétique, mais aussi, bien entendu, sa sécurité. L'objectif étant de prouver que notre produit reconstruit bel et bien de l'os chez le patient ostéoporotique. Nous sommes très confiants ». L'essai clinique, qui concernera environ quarante patients, ?recrutés? à Marseille, devrait durer deux ans. Quant à la commercialisation proprement dite de cette technologie, elle pourrait débuter fin 2012 en Europe, et à l'horizon 2014 aux États-Unis.
Une crédibilité reconnue
Parallèlement, Graftys souhaite profiter de sa récente levée de fonds pour établir un partenariat commercial avec un acteur d'envergure sur le marché nord-américain, dans le cadre du développement de ses gammes de ciments osseux résorbables, d'ores et déjà approuvées par la ?Food and drug administration? (FDA) américaine. «Nous espérons conclure cet accord au cours du premier semestre de cette année», confie Jean-Marc Ferrier, qui voit dans ce nouveau tour de table un signe de confiance de son marché. «Au-delà du monde scientifique, nous constatons que les leaders industriels, eux aussi, nous regardent avec un oeil bienveillant, assure-t-il. Notre projet est désormais reconnu comme crédible, et c'est très encourageant». En prévision de ces développements futurs, la société aixoise, qui dispose par ailleurs depuis 2009 d'une implantation commerciale à Chicago, réfléchit actuellement à la possibilité d'une future cession, qui pourrait intervenir «dans les 12 à 24 mois». «Sur notre marché, d'un point de vue réglementaire, mais aussi marketing, les problématiques se règlent pays par pays, ce qui est très complexe, rappelle Jean-Marc Ferrier. Par conséquent, pour nous développer, il nous faudra impérativement nous adosser à un leader mondial du secteur». Le mode de sortie envisagé par le dirigeant? «Céder Graftys afin que nos investisseurs puissent sortir et capitaliser sur leurs investissements, anticipe Jean-Marc Ferrier. Mais nous avons bon espoir que le jour où cela arrivera, le repreneur garde l'entité Graftys telle quelle. Car son intérêt sera naturellement de maintenir l'outil en place afin de poursuivre les projets en cours. D'autant qu'une de nos valeurs ajoutées est la qualité des relations que nous entretenons avec le monde de la recherche académique, ce qui est très précieux. De même, cet acheteur potentiel sera probablement issu du monde de l'orthopédie, ce qui signifie qu'il n'aura pas forcément une culture du ?biologique?. Pour toutes ces raisons, Graftys devrait rester pérenne».
Graftys
Aix-en-Provence Jean-Marc Ferrier 23 salariés CA 2009: 543.000 € 04 42 60 30 00 www.graftys.com