Glovea : Main verte dans un gant de plastique
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Glovea : Main verte dans un gant de plastique

Chaque année, 138milliards de gants pratiquement neufs sont jetés dans le monde. Avec sa technologie unique de nettoyage, la PME Glovea leur offre de nombreuses autres vies.

Ne lui parlez surtout pas recyclage! Gérard Poincelot, fondateur de Glovea (Paris), déteste cela. «Les gens vont croire que l'on a fait fondre des gants et que l'on en a fabriqué de nouveaux. C'est exactement l'inverse», explique-t-il. À 62 ans, cet ancien directeur de laboratoire pharmaceutique vient de créer, avec son équipe, la première machine automatique de retraitement des gants en plastique. À la base, un constat simple: «chaque année dans le monde, 138milliards de gants pratiquement neufs sont jetés. À l'hôpital, par exemple, une infirmière s'en sert trois minutes, le temps du soin, et après, poubelle. Quel gâchis!»




Le gant: «Un objet pas comme les autres»

Directeur d'un laboratoire d'analyses, Gérard Poincelot vend son entreprise en 2005 et se lance dans une étude de marché du gaspillage. Conclusion: pour éviter de mettre des tonnes de gants à la benne, il faut mettre au point un système de récupération et de désinfection. Il en existe déjà pour les draps ou les champs opératoires en milieu hospitalier, ou bien les blouses de travail dans l'agroalimentaire. «Mais un gant n'est pas un objet comme les autres, c'est mou, il faut le retourner pour le nettoyer: une vraie difficulté technologique», explique le dirigeant, qui fonde Glovea en 2006 et passe plusieurs années à élaborer la formule.




Bain à ultrasons

Le concept de la jeune pousse est aujourd'hui au point. Il fournit aux hôpitaux, aux usines agroalimentaires ou cosmétiques, des gants en nitrile. Un matériau à la fois souple et très résistant aux agressions chimiques. Il les récupère après usage, les nettoie, les désinfecte, les vérifie, puis les remet en service avec un code assurant leur traçabilité. Mais attention: pas question d'utiliser des brosses! Le ?reprocessing? est une affaire de haut vol. Techniquement, le gant doit passer dans un bain de désinfectant. On envoie alors des ultrasons qui font vibrer le liquide et décollent ainsi la moindre microparticule de souillure, sans entamer l'épaisseur du matériau et en conservant donc sa résistance. «À la sortie, ils sont plus propres que des gants neufs!», lance Gérard Poincelot. Les gants de Glovea supportent, pour l'instant, jusqu'à 15 cycles de lavage et réutilisation. La perte est faible: seuls 10% des gants qui entrent dans la machine seront éliminés en fin de processus, par exemple si une déchirure ou un trou sont repérés. «L'innovation, c'est de vendre l'usage du gant: le client n'a plus à s'occuper de la logistique ni de la destruction en fin de vie, indique le P-dg. Ça lui coûte entre 20% et 30% de moins qu'à l'achat et il peut diviser ses émissions de gaz à effet de serre par dix sur ce poste.»




En contact avec Areva

Sceptiques il y a encore quelques années, les entreprises sont aujourd'hui de plus en plus nombreuses à rechercher ce type de service. Pourtant, après avoir imaginé d'assurer l'ensemble de la chaîne, la PME a décidé de se concentrer sur la fabrication de la machine à désinfecter et son installation, sous franchise, chez des prestataires spécialistes de l'hygiène. «Les prestataires vont déjà sur les zones industrielles, dans les hôpitaux: cela permet de mutualiser la logistique. C'est plus rentable d'un point de vue industriel et écologique», explique Gérard Poincelot. La machine peut traiter 6 à 7millions de gants par an, et est fabriquée à Chelles, en Seine-et-Marne. Le premier client, la société belge LVH Industries, a passé commande de trois machines pour 2011. En France, Glovea est en discussion avec un partenaire de poids, Areva. La machine magique devra alors être adaptée à la décontamination de gants utilisés en centrales nucléaires.

Glovea



Date création: 2006


CA prévisionnel 2011: entre 600.000 et un million d'euros Effectif: 3 personnes www.glovea.com

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