Ille-et-Vilaine
Gilles Cavallari (Samsic) : "La reprise économique pourrait être plus forte si on avait les bras pour l'industrie"
Interview Ille-et-Vilaine # Ressources humaines

Gilles Cavallari président de Samsic Emploi "La reprise économique pourrait être plus forte si on avait les bras pour l'industrie"

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Samsic Emploi agit pour la reprise économique en permettant aux entreprises de recruter dans les bassins d'emploi en tension. Comptant 270 agences en France, l'entreprise rennaise, filiale de Samsic RH, a réalisé près de 20 000 recrutements en intérim cet été. Malgré l'instauration du passe sanitaire, Gilles Cavallari, président de Samsic Emploi, estime que les acteurs économiques sauront s'adapter.

Gilles Cavallari, président de Samsic Emploi — Photo : Samsic Emploi

Samsic Emploi se développe en France et dans le monde en se positionnant comme le spécialiste de l’emploi intérimaire dans les territoires. Comment cette montée en puissance se traduit-elle ?

Gilles Cavallari : Nous sommes présents en France, à travers 270 agences mais également dans 7 autres pays en Europe (Belgique, Suisse, Royaume-Uni, Italie…) et au Maroc. En 2015, on faisait à peine 250 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 850 millions aujourd’hui. Nous étions présents dans trois pays, alors qu’aujourd’hui nous en comptons huit. Notre ambition d’ici 2026 est d’atteindre 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires et d’être présents dans douze pays, essentiellement en Europe. Pour ce qui est de la France, nous ouvrons entre 35 et 40 agences par an environ. On devrait être autour de 280 agences à la fin de l’année. Nous souhaitons être présents dans tous les bassins d’emploi où il y a des besoins et pouvoir accompagner nos clients dans leur développement partout où ils se trouvent. Nous sommes très présents dans l’agroalimentaire, de par l’implantation du groupe Samsic en Bretagne, mais nous développons fortement aussi les secteurs transport-logistique, le BTP et l’industrie. On est présents autant dans les petites villes que dans les agglomérations et les métropoles.

Quelle est votre vision du redémarrage économique dans les entreprises ?

Gilles Cavallari : Tout ne fonctionne pas correctement car il y a encore des secteurs en difficulté. Je pense notamment à l’hôtellerie, l’aéronautique ou l’industrie automobile. Pour le reste, tous les secteurs sont en explosion. Les besoins sont énormes dans les métiers du transport et de la logistique mais aussi dans l’agroalimentaire, la grande distribution, la vente ou la restauration. Autant en 2020 il y avait une contraction forte de l’intérim (en baisse de 25 %, NDLR). Autant là, il y a un rebond explosif depuis plusieurs mois. Tout le monde recrute pour être prêt pour la reprise ou pour faire face à une demande et une croissance relativement forte des besoins. Le redémarrage économique est donc bien là mais il pourrait être encore bien meilleur.

Une agence Samsic Emploi, à Rennes — Photo : Baptiste Coupin

Les amortisseurs sociaux toujours présents freinent le retour à l’emploi. La réforme de l’assurance chômage a été remise à l’automne, ce qui est un peu contraignant pour accélérer cette reprise. La reprise économique est très forte, mais elle pourrait être encore plus forte si on avait les bras pour l’industrie. Cela pourrait représenter un manque à gagner entre 0,1 et 0,3 % environ du PIB.

Y a-t-il des entreprises en panne d’activité, faute de main-d’œuvre ?

Gilles Cavallari : Celles qui sont le plus en difficulté aujourd’hui, ce sont les entreprises du BTP. En avril et mai, selon l’INSEE, deux tiers des entrepreneurs du bâtiment rencontraient des difficultés de recrutement. Et dans le secteur des services, 41 % des entreprises peinaient à recruter. Je ne dirai pas que nous avons des secteurs en panne. C’est juste qu’on a une croissance qui pourrait être plus forte. Le vrai problème réside dans le fait que tout le monde est en train de recruter en même temps. Nous constatons aussi un autre phénomène. La pandémie a énormément changé l’état d’esprit des personnes. Les gens veulent trouver un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Beaucoup ont changé de travail ou de localisation géographique. Cela amène des bouleversements importants dans les bassins d’emploi et l’approche qu’on peut avoir sur les candidats.

Le passe sanitaire et les obligations attenantes pour les employeurs vont-ils contrarier la reprise économique en cette rentrée ?

Gilles Cavallari : C’est une vraie question sachant que nous avons de nombreux intérimaires qui travaillent dans les musées, les cinémas, les centres commerciaux, lieux et établissements pour lesquels l’obligation de présenter le passe sanitaire est nécessaire. Cela apporte donc une complexité supplémentaire dans le processus sachant que nous n’avons pas le droit d’obliger les intérimaires à la vaccination et que cela ne peut être un critère de sélection implicite en amont de la mission. L’accélération de la vaccination, toutefois, devrait apporter de la normalisation. Dans tous les cas, on ne voit pas de baisse de la demande. Les perspectives de recrutement sur la rentrée restent fortes et devraient rester bien orientées jusqu’à la fin de l’année. Je reste définitivement positif. Sur des populations majoritairement vaccinées comme en Angleterre, les gens ont appris à vivre avec le virus. Je pense que l’on devra vivre avec le passe sanitaire pendant encore plusieurs mois. Plus vite tout le monde sera vacciné, plus vite on sortira de cette situation…

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