Gérer : Que faut-il externaliser?

Gérer : Que faut-il externaliser?

En période de crise, de plus en plus de dirigeants sont tentés par la voie de l'externalisation et ses promesses de souplesse. Mais comment savoir s'il est vraiment pertinent de confier tout ou partie d'une fonction de son entreprise à un prestataire extérieur? Dossier réalisé par Sébastien Payonne

C'est une des conséquences de la morosité économique ambiante: elle contribue à redonner un coup de fouet à l'externalisation, cette pratique qui consiste à confier à un prestataire la gestion d'une partie ou de la totalité d'une fonction de son entreprise (informatique, paie, logistique, etc.). Et ce sont les PME qui seraient au centre du regain de dynamisme connu par l'activité. «Nous observons une véritable émergence de demandes provenant des entreprises de taille moyenne. La question qu'elles se posent la plupart du temps est la suivante: comment puis-je utiliser l'externalisation pour adapter mon entreprise à des marchés sur lesquels j'ai de moins en moins de visibilité? Le grand mot qui revient, c'est celui de "l'agilité"», témoigne Philippe Rassek, associé chez Deloitte, spécialiste des questions d'externalisation. «La crise est un booster pour notre activité. Les entrepreneurs qui ont senti le vent du boulet se demandent désormais comment gérer au mieux leur structure de coût, et ils étudient donc les options offertes par l'externalisation», appuie Pascal Favier, président de GMS, une PME de 350 personnes spécialisée dans l'externalisation commerciale. Du côté des «entreprises utilisatrices», il reste cependant délicat de trouver des structures souhaitant s'exprimer sur un sujet qui reste sensible sur le volet social: à moins qu'elle cible une fonction qui n'a pas encore été créée dans l'entreprise, l'externalisation peut en effet se traduire par des conséquences sociales, avec des transferts de salariés entre entreprise et prestataire, des suppressions de postes ou des délocalisations. «L'externalisation est presque toujours vécue comme un traumatisme par les salariés. En préparer une nécessite une préparation très pointue du volet social, qui conditionne largement la réussite de l'opération» prévient Jérôme Barthelémy, professeur à l'Essec et auteur de «Stratégies d'externalisation» (Ed. Dunod).




Ne pas oublier l'efficience

Mais avant de préparer le volet social d'une externalisation, un entrepreneur doit se poser une question fondamentale: «que dois-je aujourd'hui externaliser dans mon entreprise?». Et pour répondre à cette interrogation, il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la seule analyse des coûts liés aux différentes fonctions de son entreprise, largement insuffisante pour guider efficacement le choix du dirigeant.





«Il faut plus parler d'efficience que de simple réduction des coûts. Si l'efficience n'est pas là, cela peut au contraire coûter cher, directement ou indirectement à l'entreprise», prévient Philippe Rassek. Alors, comment savoir si une fonction est «mûre» pour être externalisée? Les facteurs sont multiples: Ils incluent à la fois la stratégie globale de l'entreprise, la perception qu'elle a de son «coeur de métier», mais aussi l'ampleur des investissements qu'elle a déjà menés ou même la culture de son dirigeant. Ils sont également impactés par de la clarté de la vision qu'à l'entreprise sur les performances de ses différentes fonctions. Cette multiplicité ne doit pas cependant laisser penser que le processus d'analyse est complexe et opaque. Le Journal des entreprises vous livre la grille de lecture qui vous permettra de mettre en place votre réflexion.