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ous vous réunissez régulièrement avec les instances économiques lyonnaises comme la CCI, le Medef et la CGPME pour évoquer l'économie locale, comment jugez-vous la conjoncture?
Les secteurs qui souffrent le plus dans l'agglomération sont l'industrie automobile et celle du poids lourds. Renault Trucks a annoncé de nouvelles mesures de chômage partiel. On discute régulièrement avec eux pour qu'ils ne repartent pas en Suède.
Il en a été question?
Disons qu'il faut que nous occupions le terrain économique. Depuis cinq ou six ans, nous allons régulièrement en Suède, rencontrer le président de Volvo. La lutte pour les conserver en région lyonnaise se fait par l'attractivité du territoire. Ils font partie du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck and Bus. Nous avons des centres de recherche. Il faut leur fournir des centres d'intérêts économiques pour les conserver sur le territoire.
Et pour les autres secteurs d'activité?
Eh bien ils se portent plutôt pas trop mal sur l'agglomération lyonnaise. Avec le tournant pris par le gouvernement pour retrouver la compétitivité économique de la France, la conjoncture devrait s'améliorer. Mais si l'économie se porte bien, les entreprises n'ont pas de visibilité à trois ou quatre mois.
Lyon concourt pour La Cité de la gastronomie. La ville sera-t-elle désignée pour l'accueillir selon vous?
La Cité de la gastronomie se fera à Lyon quoi qu'il arrive, et même si les conditions peuvent changer. C'est comme le Stade des Lumières. Il se fait, même si le projet a évolué. Et ce sera pareil pour l'Anneau des sciences. Il se fera malgré toutes les oppositions auxquelles nous aurons à faire face. À Lyon, on fait. C'est ce qui en fait une ville de référence. Dans le cadre de la réforme de la décentralisation menée par le gouvernement, Lyon est devenue la métropole de référence. Toutes les grandes villes viennent nous questionner sur comment nous avons fait la métropolisation.
Quelle recette leur donnez-vous?
Il faut une vision stratégique à long terme pour savoir comment notre pays se situe dans le monde, comment notre métropole se situe dans le monde. Nous sommes entrés dans une économie globalisée avec une économie d'archipel qui passe par les villes. Il faut adopter des approches territorialisées, c'est là que se construisent l'innovation et surtout les ressources humaines. Sanofi n'a pas décidé d'être en France mais à Lyon parce qu'il y a un écosystème des biotechnologies performant. Deuxième axe important, les partenariats publics privés. L'argent public est devenu rare. Sur tous les projets développés par l'agglomération lyonnaise, 1€ d'argent public investi permet de lever 6€ d'argent privé. 1,5Md€ est investi chaque année par la collectivité. L'effet démultiplicateur des partenariats publics privés est important.
Le sénateur-maire de Lyon revient pour Le Journal des entreprises sur la conjoncture et quelques grands dossiers locaux.