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Georges Dubesset: « Il faut redonner un coup de jeune aux Chambres de métiers »
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Georges Dubesset dirigeant de la Chambre des Métiers de la Loire Georges Dubesset: « Il faut redonner un coup de jeune aux Chambres de métiers »

Georges Dubesset est le nouveau patron de la Chambre des Métiers de la Loire. Pour lui, les Chambres doivent moderniser leur communication et leurs actions.

Le Journal des Entreprises : Depuis quelques semaines, vous siégez à la présidence de la Chambre des Métiers de la Loire. Quelle est votre priorité ?

Georges Dubesset : Mon ambition est très simple. Les Chambres de Métiers existent depuis plus de 100 ans. Je suis estomaqué quand on me demande à quoi sert une CMA... Quand je réponds que nous avons 43 salariés dans la Loire au service des artisans, certains me rétorquent du tac au tac " mais à quoi occupent-ils leurs journées ? ". Cette méconnaissance de nos principaux utilisateurs me désole profondément. J'ai donc un objectif, clair et net. Je veux qu'à la fin de ma mandature, les artisans connaissent nos actions et les services qu'on peut leur apporter tout au long de la vie de leur entreprise, au-delà de la création.

Cette méconnaissance est peut-être provoquée par une image vieillissante des chambres des Métiers ? Comment comptez-vous dépoussiérer cela ?

G.B. : Vous avez raison, dépoussiérer c'est exactement le bon terme. Les salariés, les techniciens font de l'excellent travail et pourtant nous avons une image inexistante, vieillotte. Il va falloir être sur le terrain, incarner beaucoup plus la Chambre auprès des artisans, des institutions. Et communiquer plus et mieux. Nous avons aujourd'hui un site et un magazine mais c'est insuffisant. Nous devons aller sur les réseaux sociaux par exemple. Je veux donner un coup de balai sur le siège même. Le bâtiment est magnifique mais alors la décoration... Plus ennuyeux, je ne sais pas si cela existe. Regardez mon bureau ! Il reflète l'image de la CMA : manque de peps, sclérosée. Pour y remédier, j'ai envie de travailler avec la Cité du Design par exemple.

Vous dites que votre objectif prioritaire est de donner un coup d'éclat à votre Chambre des Métiers, et à la Chambre Régionale dont vous pilotez la commission communication, mais il vous faut des moyens. Or, la CMA de la Loire enregistre des pertes depuis plusieurs années...

G.B. : Effectivement. Mon deuxième axe de travail va être de retrouver l'équilibre financier. Nous aurons la clôture des comptes 2016 en mars, mais on annonce une perte de 140.000 euros, c'est mieux que les précédentes années. Sous la dernière mandature, la CMA a perdu 1,6 million d'euros cumulés. Nous avons puisé dans nos réserves mais cette solution est désormais impossible. L'État a écrêté nos recettes depuis plusieurs années. Et puis nous avions le problème de la nouvelle taxe sur les autoentrepreneurs, prélevée par l'Urssaf mais que l'État n'avait pas reversé aux Chambres. Le problème est en voie de règlement puisque la Chambre régionale vient de percevoir un million d'euros à ce titre pour 2015. Je pense que cela devrait représenter 60.000 euros pour la Loire.

Votre prédécesseur dénonçait aussi une clé de répartition des ressources prélevées par la CMA régionale défavorable à la Loire...

G.B. : C'est vrai. Elle est défavorable à la Loire, même si ce n'était très certainement pas prémédité.

Vous comptez militer pour une évolution ?

G.B. : Ce n'est pas ma priorité. Je suis chef d'entreprise, je n'ai pas l'habitude de pleurnicher. Je préfère trouver des solutions pour s'en sortir. Je veux que nous soyons à l'équilibre en 2017. Et quand je dis équilibre, je ne parle pas des recettes exceptionnelles que nous allons engranger avec la vente de nos anciens locaux de Roanne (700.000 euros NDLR), je veux que notre résultat d'exploitation soit bon.

Quelles sont vos solutions alors ?

G.B. : Nous avons une mission de service public, une Chambre ne se gère pas comme une entreprise mais il faut faire des économies. Des efforts avaient déjà été faits dans ce sens. Nous allons les poursuivre, en renégociant tous nos contrats par exemple. Nous allons aussi travailler à augmenter nos recettes en adaptant bien nos offres de formations. Sur 3,8 millions d'euros de revenus, 600 000 euros seulement proviennent de ventes de service, le reste est généré par la taxe pour frais de chambre.

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