Créée en 1833, Garnier-Thiebaut se veut une entreprise très implantée et impliquée dans son territoire, avec ses avantages et ses contraintes fortes. Et quand un client achète un produit Garnier-Thiebaut, 47 % du CA impacte l’économie locale. C’est le constat fait par le cabinet Biom Work, mandaté pour auditer le fabricant vosgien de textile. « À travers cette démarche, nous voulions défendre l’entreprise et nos savoir-faire dans un contexte difficile, valoriser auprès des salariés, clients, pouvoirs publics… le travail fait localement, ainsi que les retombées économiques et sociétales », indique Paul de Montclos, le P-dg de Garnier-Thiebaut, qui se félicite que son entreprise se positionne comme « excellente ». Sont ainsi mis en avant l’emploi local, les efforts en matière de protection de l’environnement, comme l’installation d’une turbine électrique ou l’investissement dans une station d’épuration intégrée à l’usine pour purifier les eaux utilisées en cours de production, les actions locales comme le sponsoring. L’audit, à renouveler tous les deux ans, offre des challenges comme celui de rester au niveau « excellent » et de communiquer le plus possible sur le sujet.
Investissements de long terme
Cette approche est relativement naissante, mais Garnier-Thiebaut revendique le fait d’être un pionnier et travaille à faire connaître cette démarche. « La démarche sociétale représente l’avenir. C’est entendu par certains clients. Les efforts de chacun bénéficient à tous. Les efforts de nos fournisseurs nous rapportent des points et nos actions apportent des points à nos clients. L’audit nous permet d’avoir un discours différent avec les prescripteurs. Nous ne nous limitons plus à aborder les prix ou les produits dans nos discussions ; nous leur donnons les éléments pour choisir leur achat », se félicite Paul de Montclos qui reste optimiste pour son entreprise qui poursuit son développement à l’export.
Le textile est l’industrie la plus répandue dans le monde et la concurrence vient de partout. Si les marchés de gros volumes sont perdus, le textile français peut miser sur sa réactivité, des produits techniques, innovants et personnalisables et les petites séries ou niches. « Le marché français est difficile ; l’économie tourne au ralenti. Il nous faut gérer des contradictions entre des investissements lourds et de long terme et des besoins et horizons de court terme. L’avenir du textile français ne se situe plus dans de grosses unités de production », analyse Paul de Montclos.
C’est de la volonté de défendre et valoriser l’industrie française du textile qu’est né, le 13 octobre, le label France Terre Textile. L’initiative de cette démarche, qui rassemble une soixantaine d’acteurs de la filière, en revient à Paul de Montclos, qui avait déjà impulsé la création du label Vosges Terre Textile, il y a cinq ans, et qui a pris la présidence du nouveau groupement. « La création d’une fédération s’inscrit dans la suite logique du développement des labels Terre Textile, qui existent déjà notamment en Alsace, Rhône Alpes ou dans le Nord. Avec ce label, nous passons à une dynamique supérieure et drainons un terrain plus vaste. Mais d’abord, nous devons apprendre à nous connaître et à travailler ensemble », explique Paul de Montclos, qui insiste sur l’existence d’une véritable filière industrielle du textile en France par opposition au « « made in » qui ne valorise que la dernière opération ».