Le garagiste de demain ne sera peut-être plus le même qu'aujourd'hui. Il doit faire face à davantage de normes, et se met notamment au développement durable. La chambre de métiers vient d'ailleurs de lancer une grande opération "Garage propre", incitant les professionnels à se mettre au tri des déchets (chiffons, liquides de frein...) et des produits dangereux (batteries, huiles...). Une question de prise de conscience, mais également une question d'image vis-à-vis de la clientèle.
Attention à la certification pour la climatisation
Une clientèle qui n'a plus forcément les mêmes besoins qu'avant. Elle a par exemple de plus en plus besoin de faire vérifier sa climatisation. Là encore, le garagiste doit se mettre aux normes. «Il faut aujourd'hui être certifié pour pouvoir faire un entretien, souligne Patrice Besson, garagiste rennais et élu à la chambre de métiers d'Ille-et-Vilaine. Un des salariés au moins doit avoir la formation. La moitié des professionnels ne sont pas encore agréés. Ils repoussent leur formation à cause des démarches administratives lourdes. Or, si à la fin 2011 ils n'ont pas la certification, ils risquent une amende ou alors une baisse du chiffre d'affaires, puisque la moitié des véhicules roule avec une climatisation». C'est un message d'alerte que lance l'élu, d'autant que ce n'est pas le seul facteur dans la chute du nombre des réparations.
Moins de réparations
«Avec la prime à la casse, beaucoup de Français ont acheté des nouvelles voitures, ce qui fait que nous avons pour notre part constaté 7% d'entrées en atelier en moins cette année, constate Patrice Besson. En parallèle, heureusement pour nous, nous avons eu à faire de grosses réparations, et les prix des pièces augmentent, ce qui fait que le chiffre d'affaires se maintient». Le garagiste doit donc revoir son métier, et avoue passer plus de temps sur chaque voiture, afin de proposer un meilleur service. D'autant que les réparations sont de plus en plus complexes, à cause notamment de l'informatique, qui a pris ses quartiers dans nos véhicules. «Nous devons nous former à aussi», explique Patrice Besson.
Ce n'est pas la fin du pétrole
Et ce n'est pas fini. Avec l'arrivée de la voiture électrique, il faudra se mettre à jour. «Mais pour l'instant, aucune formation n'existe!» De toute manière, le garagiste ne croit qu'à moitié à l'explosion du marché de la voiture électrique. «Je ne pense pas que ce sera la solution, dit-il. On va avoir des problèmes à fabriquer des millions de batteries, qui sont fabriquées avec du minerai rare. De plus, elles n'ont encore qu'une autonomie de 100km, donc réservée pour les trajets journaliers. Et puis, en Bretagne, on manque déjà d'énergie l'hiver, alors imaginez si tout le monde recharge sa voiture le soir... Je crois davantage à une voiture hybride, peut-être à hydrogène et électrique? En tout cas, ma génération ne verra pas la fin du pétrole».
Automobile Plus d'informatique, plus d'électrique, plus de voitures neuves, plus de climatisation... Le métier de garagiste est en pleine mutation et doit s'adapter.