L'objectif à atteindre : la réduction des dépenses de fonctionnement. Laurent Boissonnade, président du Medef Languedoc-Roussillon voudrait « constater des économies d'échelle au niveau de la région ». Il évoque par exemple l'absurdité du coût que présenterait le maintien de deux Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) ne serait-ce que quelques mois dans la future région. Comment s'y prendre ? « Pour éviter de se disperser, il faut se spécialiser. N'additionnons pas tout » insiste Philippe Robardey.
Un fonds régional de 500 millions d'euros pour les entreprises
Pour montrer l'exemple, les deux présidents annoncent un seul Medef en 2016 (en tout cas avant le mois de juin) avec un seul président et toujours deux représentations fortes sur les deux métropoles Toulouse et Montpellier. La simplification des aides est une préoccupation majeure des deux présidents. « C'est devenu illisible pour nos entrepreneurs : on compte pas moins de 730 aides rien que dans le Languedoc-Roussillon », déplore Laurent Boissonnade qui préconise la quête d'investisseurs pour les entreprises, plutôt que la chasse aux aides. Philippe Robardey souhaite que les contrats d'appui du Conseil Régional continuent, les jugeant plutôt efficaces. Dans la liste des priorités des deux syndicats patronaux figure la création d'un fonds régional à hauteur de 500 millions d'euros dans la perspective d'apporter des fonds propres aux entreprises du territoire.
« Sud de France », marque régionale
Les deux présidents du Medef s'accordent pour défendre la marque « Sud de France » qu'ils jugent « simple, mémorisable et ayant un impact sur plan commercial ». Un outil marketing fort qui pourrait favoriser l'export. Pourquoi pas « Occitanie », nom préféré des Toulousains pour leur nouvelle région, selon les derniers sondages de la Dépêche du Midi ? « C'est dépassé et peu lisible à l'international », juge Laurent Boissonnade. Autre point favorable pour l'export, l'étendue de la nouvelle région qui va augmenter la frontalité avec l'Espagne. « Cela va nous permettre de traiter d'égal à égal avec la Catalogne », se félicite Philippe Robardey. Pour préserver et accentuer la compétitivité de la future région, les deux Medef régionaux demandent que le rôle des pôles de compétitivité soit renforcé. Ils évoquent aussi l'amélioration des infrastructures et des équipements avec notamment l'anticipation de la ligne LGV Bordeaux et à plus longue échéance Toulouse-Narbonne.
Appui sectoriel
Les secteurs aéronautiques et viticoles sont les deux secteurs sur lesquels la future grande région a une visibilité à l'échelle internationale. Mais les deux Medef identifient trois autres secteurs méritant une attention particulière : le BTP, la santé et le développement durable et tourisme. Exemple concret pour les travaux publics : ils proposent la mise en place d'avances de travaux à hauteur de 30%, non assorties de garanties et pour des lots ne dépassant pas un million d'euros.
Mise en oeuvre d'une politique régionale de formation
Les deux entités demandent que la construction d'un nouveau Plan Régional de Développement de la Formation (PRDF) prenne en compte les conditions et positions du Medef : « la réforme de la Formation doit aller plus loin pour coller au mieux aux attentes et besoins des entreprises. » Philippe Robardey insiste aussi sur « l'importance de positionner l'alternance dans notre future région.» La liste des idées pour une future région compétitive est encore très longue au Medef, mais toutes ont un point commun : les économies de fonctionnement et le renforcement de l'identité du futur grand territoire économique que représentera Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon (7,21% du PIB national).
Juliette Jaulerry
Philippe Robardey et Laurent Boissonnade, présidents du Medef Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, pointent du doigt les priorités à suivre pour que la nouvelle région soit compétente sur le plan économique.