French Tech : Stanislas Hintzy : « La vitesse est fondamentale »
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French Tech : Stanislas Hintzy : « La vitesse est fondamentale »

Six mois après sa nomination à la direction de la French Tech Rennes - Saint-Malo, Stanislas Hintzy dresse un premier bilan positif. Bâtiment totem à aménager, équipe à recruter, animations à organiser... La tâche reste immense ; les attentes fortes.

Quel bilan pour la French Tech Rennes - Saint-Malo depuis sa labellisation et votre arrivée ?

Il y avait beaucoup de choses à faire... Neuf commissions sont constituées pour enclencher les grands chantiers, dont trois en particulier : l'équipe, le bâtiment-totem et les événements. Nous serons l'une des premières French Tech à emménager dans son bâtiment. Pour la plupart des autres, on parle de 2017, 2018... Ce n'est pas une fin en soi, mais un outil au soutien de nos missions. Le deuxième chantier est l'organisation d'un grand événement numérique à rayonnement international. Il y a une tendance historique pour les événements de l'industrie musicale à générer des événements internet. Ici, ce sera Digital Tech Conference. Nous aurons un billet commun avec la soirée des Transmusicales et un colloque le 3 décembre. Le concept étant l'émergence des nouvelles tendances numériques, avec l'objectif de permettre aux décideurs de se projeter dans l'avenir. Des intervenants viendront du monde entier avec un objectif à 18 mois. Si on l'avait fait il y a 5 ans, on aurait parlé crowdfunding, internet des objets...

On parle aussi de quelque 200 événements par an...

Oui, nous sommes en train de programmer ces temps forts sur l'année en reprenant notamment la programmation de la Cantine, renouvelée et amplifiée. Tout sera publié fin novembre. Un tiers des événements sera hébergé au Mabilay de manière payante pour la plupart (organisés par des tiers et partenaires), un tiers coproduit et un dernier tiers produit par la French Tech. Nous participons, par exemple, aux prochaines JRCE et au forum de l'emploi numérique le 13 octobre aux Opportunités Digitales. Nous organiserons aussi un Open Coffee informel chaque mois, etc.

Quelles sont vos prochaines échéances ?

Un autre chantier est de constituer l'équipe de la French Tech : huit personnes dont cinq déjà recrutées. Nous devrions être au complet d'ici à fin novembre. À la fin de l'année, à Bercy, la mission French Tech doit également confirmer le label pour trois ans.

D'autres territoires comme Toulouse n'enregistrent pas de réponse à l'appel du fonds French Tech Accélération, doté de 200 M€ pour les accélérateurs privés sur 5 ans. Qu'en est-il ici ?

Deux candidats du territoire travaillent sur un dépôt de dossier (Ndlr, Bpifrance en a recensé 4 éligibles sur toute la Bretagne). Les critères sont assez stricts. Il faut un business model...

Au Mabilay, quels sont les tarifs et conditions d'accueil des entreprises ?

Le tarif de notre « Start-up Hôtel » est de 130 €/HT/m²/an + un forfait de 20 € pour les charges. Les baux sont de 23 mois renouvelables, mais les entreprises peuvent partir quand elles le souhaitent avec un préavis de 3 mois. Avant la fin de l'année, tout sera installé. En plus d'être ensemble et de pouvoir interagir, les entreprises doivent y trouver de la flexibilité. Pour le coworking, nos tarifs sont de 10 € par jour, avec une formule à 80 € pour 10 jours.

Avez-vous beaucoup de demandes pour ce lieu ?

Oui. Le Mabilay est vraiment très attractif. C'est une adresse. Les gens veulent être là !

Quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs qui se demandent encore à quoi sert la French Tech ?

La mission la plus importante de toutes est le développement des entreprises (Ndlr, avec un objectif de 1.000 emplois à créer par an). Je précise que la French Tech ne crée pas d'entreprise. Elle est là pour maximiser les chances de succès au démarrage, accélérer et élaguer tous les obstacles, faire émerger les champions, propulser à l'international ceux qui ont le potentiel... C'est une mission importante et complexe de projeter le territoire dans le monde de demain. Il faut garder un esprit léger, allier talent, travail et chance aussi. La French Tech est un concept protéiforme, en mouvement perpétuel. Nous n'improvisons pas ! Nous allons expérimenter. Donc, nous allons nous planter, mais nous faisons le mieux possible avec tout notre coeur, nos talents, nos ressources. On aime le web, l'innovation, les start-up. La French Tech est au service de l'intérêt général. Et les projecteurs braqués sur nous ne doivent pas nous paralyser.

Et à ceux pour qui ça ne va pas assez vite ?
Il y a une volonté d'aller vite. Nous sommes plutôt rapides. J'ai même l'impression que Rennes - Saint-Malo est en tête, en France. À ces entrepreneurs, je dis qu'il y a encore de la place pour y participer, organiser un événement... Venez, participez au mouvement ! S'il y a des manques, dites-le nous. On ne fera pas tout parfaitement, mais plus on aura de feedback dans l'esprit French Tech, plus ce sera constructif.

Et si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous ?

Raccourcir le temps ! Même si nous sommes sur le pont dix heures par jour, j'aimerais que l'on s'installe dès demain, avec une équipe au complet, un bâtiment opérationnel et des événements mis en route. La vitesse est un facteur fondamental.

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