François Hollande le reconnaît lui-même : Florange est "un symbole". Pour les syndicats, qui ont essayé d'interpeller le président de la République lors de son déplacement en Moselle, le nom de ce site industriel restera celui du "renoncement", des "promesses non tenues". Pour le président, Florange, "c'est aujourd'hui le symbole d'un monde nouveau, de l'avenir" : dans un discours construit pour répliquer point par point aux arguments de ses opposants, François Hollande a martelé qu'il avait "tenu ses engagements".
C'est dans un cadre très contraint que le président de la République a rencontré les salariés ArcelorMittal du site de Florange : la presse a été mis à l'écart et les syndicalistes les plus remontés n'ont pas pu rentrer dans les Grands Bureaux, où le président a fait le point sur les engagements du sidérurgiste. Le leader mondial de production d'acier revendique aujourd'hui 200 M€ d'investissements programmés à Florange, dont 156 millions d'euros déjà réalisés. Dans un communiqué, ArcelorMittal estime que « Florange est plus que jamais un site tourné vers l’avenir avec une production de 2,4 millions de tonnes d’acier en 2015 ». Le site emploie aujourd'hui 2 000 personnes et a réalisé « 120 embauches en CDI depuis le début de l’année 2015 sur des métiers traditionnels mais aussi de nouveaux métiers pour accompagner le développement des aciers de pointe », détaille le sidérurgiste.
Lors de l'inauguration de la plateforme Metafensch, François Hollande a détaillé le sort réservé aux 629 salariés employés aux hauts-fourneaux de Florange : "Tous ont été reclassé", a insisté le chef de l'Etat, soucieux que tous ses interlocuteurs enregistre une chose : pas de plan, pas de licenciement à Florange. Dans un communiqué, le sidérurgiste indien précise que "plus de la moitié des salariés ont été reclassés en interne (355 personnes), dont la plupart sur le site de Florange (336). Un important effort de formation a été fourni pour accompagner ces repositionnements : 200 heures par personne concernée. D’autres personnes ont démissionné (16), sont parties en retraite (206) ou ont bénéficié d’un accompagnement de fin de carrière (52)".
Le président de la plateforme Metafensch, François Mudry, a rappelé lors de l'inauguration que le site "montait en puissance" et que le fonctionnement actul s'apparentait encore à celui d'une "startup". "Notre tâche est difficile", a concédé François Mudry, chargé avec une équipe de huit personnes de donner un rayonnement international à la plateforme Metafensch. Grâce aux 20 millions d'euros injectés pas l'Etat, une plateforme de fonderie sous vide a été installée à l'été 2016. Début 2017, une tour d'atomisation permettant de produire des poudres de titane entrera en fonctionnement, puis à l'été 2017, un four de fusion par arc à plasma permettra d'étudier le recyclage du titane. Autant de pistes d'avenir pour la métallurgie lorraine et mondiale, qui ne pourront émerger que si des acteurs privés s'en saissisent. Des partenariats ont déjà été signés avec Asco Industries, Vallourec, ECM Technologies, Erasteel, Safran ou encore ArcelorMittal.