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Franchises : Lyon, nouvelle Terre promise ?
Lyon # Attractivité

Franchises : Lyon, nouvelle Terre promise ?

La métropole lyonnaise ambitionne de se hisser au même niveau que les grandes capitales européennes de la franchise. Effet d'annonce ou vraie stratégie ? Décryptage du nouveau "plan franchise" impulsé par la CCI métropolitaine.

« Je veux faire de Lyon l'une des capitales européennes de la franchise ». Une petite phrase - en forme de programme économique - signée d'Emmanuel Imberton. Le président de la CCI métropolitaine rêve en effet de faire de la Cité des Gaules un épicentre - à l'égal de Paris au moins - de la franchise. Réaliste ? Pas si sûr. De fait, le territoire rhodanien concentre aujourd'hui à peine plus d'une centaine de têtes de réseaux de franchises sur les 1 824 recensées au niveau national. « Il n'y a pas d'ADN spécifiquement lyonnais sur cette question », résume Pierre Chatillon, directeur enseigne du groupe Feu Vert à Ecully (310 centres en France dont 176 en franchises// CA global : 500 M€). « La franchise est avant tout une stratégie d'entreprise et non de territoire ». Pis, Auvergne-Rhône-Alpes, selon le dernier baromètre de la franchise publié par "Territoires & Marketing ", chute à la treizième et dernière place des régions dites les plus dynamiques sur la franchise. Vertigineux. « Nous avons pris en compte le nombre de projets de franchises en cours par habitant. Rhône-Alpes a baissé, c'est une réalité », confirme David Moreau, chargé de cette étude.

Incontournable Lyon

« La métropole part de loin », reconnait pour sa part Emmanuel Imberton. « Longtemps, la franchise n'a pas été un sujet sur lequel nous mettions suffisamment de moyens ». Mais aujourd'hui, « c'est une de nos priorités », promet-il. Et d'égrener les points forts de son "plan franchise" pour le territoire : faire du Forum de la franchise lyonnais une « référence » et l'équivalent de l'événement parisien Franchise Expo, le plus important salon professionnel à l'échelon européen. Puis former davantage, « avec une approche business » dixit, les équipes de la CCI dédiées à la franchise. Et enfin, multiplier les ponts avec des centres de formation, à l'instar du nouveau master « Animation et Développement de Réseaux d'Enseignes », lancé à la rentrée, en partenariat avec l'IAE Lyon. Suffisant ? « Une chose est certaine : tous les réseaux de franchise en France veulent être à Lyon. Plus qu'à Paris d'ailleurs, qui est un marché désormais trop cher et trop grand », analyse Eric Luc, expert-comptable chez Fiducial. Lyon, terre incontournable... « La métropole, qui recense 30 000 commerces, a réussi à faire émerger des lieux géographiques forts comme Part-Dieu, Confluence, Vaulx-en-Velin-La Soie, etc. Ce qui est très incitatif pour des têtes de réseaux, dont beaucoup ont été créées localement. Il y a un véritable élan lyonnais sur la franchise ».

Et de citer Point S (automobile - 470 centres franchisés), Citron Vert (beauté - 87 instituts franchisés) ou encore Xefi (services informatiques - 60 boutiques franchisées à l'horizon 2020)... Autant de réussites "made in Lyon" qui toutes ont opté pour un développement de leur réseau via des indépendants plus que d'un réseau en propre. Idem pour LDLC, acteur local du e-commerce informatique (CA : 470 M€) qui vient d'ouvrir une 17e boutique sous franchise à Pau sur un réseau total de 22 boutiques. « Notre ambition en 2021 est d'atteindre annuellement un milliard d'euros d'activités et une centaine de points de vente », explique Olivier de la Clergerie, cofondateur et Dg de l'enseigne. Objectif qui passe, selon lui, par la case franchise, « qui permet un développement rapide, flexible et néanmoins maîtrisé ». « Ce sont les franchisés qui apportent le capital. Ces derniers arrivent avec une vraie vision de chef d'entreprise. Quand ils rejoignent le réseau, ils jouent comme nous, leur avenir et leur argent. Nous jouons d'égal à égal ».

Franchise BtoB

La franchise (concept US importé en France dans les années 70), plus que jamais à la mode à Lyon ? Pas pour tout le monde. « Beaucoup d'industriels locaux positionnés en BtoB ignorent encore que ce système est une excellente réponse au développement de leur entreprise », estime Jean-Michel Illien, à la tête du cabinet de conseil lyonnais Franchise Management. « Pourtant, le BtoB est bel et bien l'avenir de la franchise, ici comme ailleurs ». Et ce, avant tout pour des raisons financières. « La fonction commerciale sur ce segment coûte entre 20 et 30 % du CA », rappelle-t-il. « Avec la franchise, on n'a tout simplement plus besoin d'équipe commerciale ». CQFD. Gare toutefois à l'excès de confiance. « 99 % des échecs viennent d'un défaut de maîtrise du métier de franchiseur », prévient Jean-Michel Illien. « Napoléon disait qu'une armée avance à la vitesse de la plus lente de ses troupes. Dans la franchise, c'est pareil : un réseau homogène va être un réseau performant. Si ce réseau est mal animé ou s'il est déséquilibré, alors l'échec est assuré. »

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