Les chiffres l'attestent: la franchise attire les entrepreneurs de tous horizons, de tous les secteurs. Les raisons sont multiples. Lorsque l'on veut créer son entreprise, il peut apparaître rassurant de choisir une formule déjà rodée: 80% des franchisés déclarent qu'ils ne se seraient pas installés de manière indépendante. «Opter pour la franchise réduit le risque économique», explique Marc Jauffrit, professeur de politique générale à l'ESC de Pau et créateur du réseau international Franchising Business Forum. «On se rattache à un système qui a fait ses preuves.» La franchisepermet à un entrepreneur de concéder à d'autres chefs d'entreprise le droit d'utiliser un modèle d'affaires dans les mêmes conditions que lui, sous la même enseigne. Le franchisé se lance donc avec les moyens d'une grosse entreprise, en communication et logistique notamment. Résultat, le franchisé «se sent accompagné, coaché même par un franchiseur, poursuit Marc Jauffrit. Il entre dans une communauté et n'est pas abandonné face à l'administration...» Le franchisé obtient tout de suite de la notoriété, grâce à la réputation d'une marque auprès des consommateurs.
Espérance de "vie" plus longue
L'espérance de vie d'une entreprise franchisée à sa création est de cinq à douze fois plus longue qu'une entreprise classique indépendante. «En cinq ans, 50% des entreprises mettent la clé sous la porte. Chez les franchisés, il faut aller au-delà de douze ans», constate Marc Jauffrit. Contrairement au créateur isolé, le franchisé ne va pas tâtonner pour son positionnement, pour ses achats, il ne perd pas de temps. Il achète en fait une recette dont les essais ont été effectués en amont par un franchiseur. C'est lui qui a payé les expériences coûteuses au démarrage! La franchise est ainsi plus vite rentable, car le développement est plus rapide que pour une société classique. Le franchiseur fait même aussi souvent office de formateur. De quoi permettre à l'entrepreneur qui veut se lancer de créer son entreprise dans une branche qu'il ne connaît pas forcément. Le franchiseur apporte des compétences et un savoir-faire pour un métier. Il est ainsi plus facile avec la franchise de devenir fleuriste, chocolatier ou restaurateur en quelques semaines. De quoi passer plus aisément de la case salarié à la case chef d'entreprise, et réussir une reconversion professionnelle. 28% des franchisés sont ainsi des salariés issus d'un autre secteur d'activité que celui de la franchise qu'ils choisissent. «Dans la restauration rapide, note Marc Jauffrit, 50% des franchisés sont d'anciens salariés, fatigués de ne pas maîtriser leur destin professionnel.» À la fin de leur contrat de franchise, 21% des franchisés qui ne renouvellent pas se mettent à leur compte. «Une preuve que la franchise est un marchepied vers l'entrepreneuriat». Il existe 30.000 réseaux à travers le monde, dont beaucoup s'exportent. «C'est un vecteur considérable de développement économique, note Marc Jauffrit. Et un mode de développement qui continue de progresser en période de crise.»
En 2010, la Fédération française de la franchise a recensé 1.477 réseaux, avec 58.351 franchisés. Un secteur toujours en croissance, qui représente 47,9 Md€ de chiffre d'affaires. Et si vous vous lanciez?