De national, FranceCars n'avait jusqu'ici que le nom. Avec le rachat de la société Européenne de location et de services (ELS), à Nantes, il met un pied dans l'ouest et boucle ainsi un tour de France des plus grands centres urbains. «En 2011, nous prévoyons d'autres implantations en Bretagne, à Strasbourg et Clermont-Ferrand, soit huit points de vente supplémentaires représentant une trentaine d'emplois», dévoile le P-dg Thierry Jardin. Fils du fondateur de la marque qui fêtera ses 60ans en 2012, il se revendique premier loueur français indépendant, devant Rent a car.
Objectif: 60M€ en 2011 Cette année, FranceCars se fixe le cap des 60M€ de chiffre d'affaires, après avoir réalisé 55M€ en 2010. Il y a encore 5ans, il n'était «que» de 19M€. Grossir ou mourir, tel était l'enjeu de Thierry Jardin, présent depuis 30ans dans l'entreprise de son père dont il a finalement repris les rênes en 1992. Aujourd'hui, il n'a pas peur d'afficher un éléphant sur ces camionnettes. Face aux géants du marché, le Nordiste fait aussi figure de mastodonte.
Un réseau de 60agences FranceCars compte plus de 60agences en France, dont 10% amenés par le dernier rachat d'ELS et de ses six agences: Nantes, Bordeaux, Montpellier, Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon et Evry. Le Nantais qui compte 30emplois lui fait passer le cap des 300salariés et lui apporte aussi 4,7M€ de chiffre d'affaires. «Il y avait une position à prendre comme loueur indépendant sur tout le territoire national, avec d'autres méthodes que les franchisés, confie-t-il à la tête d'un parc de 10.000véhicules. Nous, nous sommes capables, demain matin, de déployer pour un seul client une flotte de 200véhicules à un ou plusieurs points donnés selon le même standard.» FranceCars réalise 60% de son business en B to B qui a tendance à stagner, tandis que le B to C augmente. Le réseau a senti la crise en 2009. «En 2010, nous avons senti une nette reprise depuis mars qui se calme un peu. Nous sommes des opportunistes de crise, analyse-t-il. Quand la crise est profonde, les gens n'achètent plus, ils louent. Au redémarrage, ils continuent à louer.» Ce qu'ils ne font plus quand la reprise est là.
Bientôt la Belgique Pour son propre développement, Thierry Jardin met à profit une stratégie de croissance externe depuis 2005. Elle s'est d'abord illustrée dans le sud à Nice avec Locauto (4agences), puis en 2008 dans le sud-ouest à Toulouse avec Walter Spanghero (3agences), et en 2009 en Savoie avec La Route bleue (4agences) et à Lyon avec LocStory (3agences). «Chaque rachat est un cas à part, nous avons acquis une expérience unique. En 2004, nous n'avions pas les moyens d'ouvrir quatre agences la même année. Aujourd'hui, c'est possible», sourit le P-dg du réseau né d'un simple garage à Lille. Son tour de France bouclé, il songe désormais à l'international, à commencer par la Belgique proche. «C'est un projet qui se fera en tout début d'année», confie Thierry Jardin. Dans son esprit, point de rachat, mais plutôt la création d'une agence et peut-être un nouveau nom, BelgiumCars? «Nous avons une marque extraordinaire, très lisible et compréhensible.»
Hybride et électrique en avant Pour Thierry Jardin, «l'avenir de la voiture, c'est la location», persuadé qu'il vendra de plus en plus de la mobilité et prêt à lancer une offre par forfait mensuel. Cette année, il se lance aussi dans l'hybride. «Nous démarrons dès janvier avec une quarantaine de nouveaux véhicules et réfléchissons de plus en plus à la voiture électrique, pourquoi pas en 2011, note Thierry Jardin. C'est important en terme d'image et il y aura une demande.» Chaque année, FranceCars renouvelle 5.000véhicules, soit la moitié de sa flotte composée à 70% d'utilitaires. Cette enveloppe pèse 85M€, compensés par la vente d'occasion, autre force du groupe.
Géry Bertrande
Location Automobile Le rachat du Nantais ELS offre au groupe familial nordiste FranceCars une stature hexagonale qu'il se bâtit depuis cinq ans. Du 6erang national, il passe au 5e et envisage d'autres implantations cette année, dans l'ouest, l'est et le centre.