Fram : Le défi de Georges Colson
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Fram : Le défi de Georges Colson

Tourisme Olivier de Nicola, arrivé il y a dix mois à la tête du directoire de Fram, a été remplacé par Georges Colson qui a cédé la présidence du conseil de surveillance à Alain Faveau. Le tout dans une absence de communication propice aux spéculations.

De son bureau, le jour de son arrivée chez Fram le 17 décembre 2011, Olivier de Nicola entendait monter de la rue les revendications des grévistes. Dix mois après, il n'est plus là. C'est Georges Colson, 75 ans, qui reprend les rênes du directoire. Un peu d'histoire: actionnaire à 40%, Georges Colson quitte le directoire de Fram en 2005 pour prendre la présidence du conseil de surveillance et s'investir à la tête du Snav (Syndicat national des agents de voyages) où il mène son second mandat. Le directoire de Fram échoit alors à Marie-Christine Chaubet, 65 ans, sa demi-soeur détentrice également de 40% des actions, brutalement révoquée le 21 décembre 2006 et remplacée par Antoine Cachin durant cinq années qui virent naître les premières difficultés et la première grève de l'histoire de Fram, le 17 juin 2008.




Tour-opérateur, un modèle économique à réinventer

Par son profil- âgé de 47 ans, diplômé HEC, redresseur d'entreprises, ancien patron de Thomas Cook France, doté d'une forte sensibilité «digitale»-, Olivier de Nicola semblait le sauveur idoine pour enrayer la spirale négative des résultats. Entre les aléas du secteur du tourisme comme le Sras, le volcan islandais ou les révolutions arabes touchant des destinations porteuses comme la Tunisie, l'Égypte et le Maroc, un virage internet mal négocié et une conjoncture économique fortement déprimée, Fram voit depuis plusieurs exercices son activité baisser- 400.000 clients attendus cette année (-7%)- et les pertes se succéder : 13,8M€ en 2010 (pour un chiffre d'affaires consolidé de 482,32M€) et 23,48M€ en 2011 (pour 441,78M€ de CA), selon Les Échos. Fram n'est pas le seul tour-operateur touché, ses concurrents Thomas Cook et TUI France souffrent aussi et ce dernier a lancé un plan de 484 suppressions de poste : c'est le nouveau modèle économique de cette profession qui reste à inventer.




Bras de fer autour du PSE

La réponse d'Olivier de Nicola, avec l'accord des actionnaires, tenait dans un Plan 2015 travaillé en interne autour de «Redressement et Mutations» et dont les premiers effets sont une programmation hiver 2013 allégée mais aussi un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de 70 postes dont la négociation achoppe, de réunions en négociations, depuis juillet. Aujourd'hui c'est à Georges Colson d'assumer une restructuration dont Alain Faveau, nouveau président du conseil de surveillance, a très- trop?- vite affirmé qu'elle «sera poursuivie et renforcée». Laye Simakha, délégué CGT, se dit «surpris par le départ d'Olivier de Nicola, voire inquiet car nous étions au milieu du gué» tout en ajoutant que l'homme lui inspirait du respect, «le dialogue social avait un sens avec lui». Quant à Georges Colson, «nous nous sommes interrogés sur son retour après sept années et, s'il devait être dans la lignée d'Olivier de Nicola, ça nous semblait incohérent», raconte le délégué du personnel précisant avec fermeté «que s'il veut aller plus vite, il nous trouvera.» Le premier contact avec Georges Colson a eu lieu au comité d'entreprise du 18 octobre : «Nous avons vu une personne à l'écoute, se disant dans la lignée de la stratégie déjà connue et il a été convenu de renégocier le PSE, relate Lay Simakha. Si PSE il y a, nous réfutons le chiffre de 70postes, tout au plus 12. Et nous regrettons que les améliorations suggérés par notre audit ne soient pas prises en compte. Pour nous, la variable d'ajustement "personnel" n'est pas pertinente.» Au CE du 24 octobre, la direction proposait un assouplissement du plan avec 40 suppressions de postes au lieu des 46 prévues chez le TO. En revanche, chez Fram Agences, un plan de 20 postes (au lieu de 21) a été accepté.




Un conflit familial qui ressurgit

On ne connait pas encore les intentions de Georges Colson: bref intérim pour trouver la perle rare, redonner confiance à un personnel très "famille" et/ou aux banques, rapide "polishage" du groupe pour une cession ? La tâche s'annonce ardue d'autant que ressurgit le conflit avec Marie-Christine Chaubet exclue du conseil de surveillance depuis six ans. Alors qu'Alain Faveau se targuait d'avoir réuni à nouveau la famille au sein du conseil de surveillance, elle lance un premier communiqué qui a le mérite d'être clair disant «sa consternation et son désaccord avec un départ d'Olivier de Nicola qui est rédhibitoire quant à un retour au conseil de surveillance ou un quelconque organe de gestion.» Le ton est donné. Georges Colson, lui, devait s'exprimer vendredi 26octobre sur ce qui ressemble fort à un défi.

Voyages FRAM



Président du directoire : Georges Colson 3.800 salariés dans le monde (dont 600 en France) 60 agences en propre en France Actionnariat : famille Colson-Vieuille (48,3%), famille Chaubet-Polderman (40,93%), Air France (8,7%) et autres (2,07%) 05 62 15 18 00 www.fram.fr

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