Finistère : Embaljet s'organise pour lutter contre les TMS
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Finistère : Embaljet s'organise pour lutter contre les TMS

Fabienne et David Toffolo ont repris Embaljet à Plouguerneau en 2009. Très vite, ils ont mis en place des mesures pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques dans une démarche d'amélioration continue et en impliquant les salariés.

« Avec mon épouse, nous avons repris Embaljet en 2009. Venant de l'agroalimentaire, nous attachons de l'importance à la prise en charge des TMS (troubles musculo-squelettiques). Surtout que, dans notre activité, le nettoyage de coquilles Saint-Jacques vides pour l'industrie agroalimentaire, les salariés sont très sujets à ces troubles. »




De l'informel

« On a assez rapidement contacté la Carsat pour nous accompagner. Ils nous aident à identifier les problèmes et à trouver des solutions. On cherche aussi par nous-mêmes. On est vraiment de l'amélioration continue. » « Nous ne sommes que 17 personnes et nous essayons donc d'impliquer tout le monde. On fait de petites réunions, des groupes de travail. Mais la plupart du temps, c'est de l'informel. On essaie des choses. » « On a, par exemple, mis en place une rotation des postes. Toutes les heures, les salariés tournent. Ils passent du tri à la palettisation, au nettoyage, etc. Cela demande de la polyvalence mais cela évite les gestes répétitifs sur de longues durées. » « Il faut aussi penser à adapter les postes de travail. Autre exemple avec le tri sur une chaîne. Cela pose problème car les salariés ne font pas les mêmes tailles, donc la chaîne n'est pas à la bonne hauteur. Plutôt que d'investir dans une machine qui se baisse ou se remonte, on a acheté un marchepied réglable : 300 euros. Ce n'est pas la panacée mais c'est une solution. Et puis, il est déplaçable. On n'aime pas trop les choses fixes dans l'atelier car un équipement qui peut soulager un salarié peut gêner un autre. Chacun a un ressenti différent. »




De petits investissements suffisent parfois

« Souvent, ce ne sont que quelques centaines d'euros d'investissement qui permette d'améliorer les choses. Des éclairages led pour éviter la fatigue visuelle, un chauffage infrarouge pour la température dans l'atelier, un assis debout pour ceux qui le souhaitent, etc. » « Notre plus gros investissement pour le confort de travail est un transpalette à levée électrique (2.000 euros). Cela évite les opérations de manutention mais ça nous fait aussi gagner énormément de temps ! » « Parfois, on met longtemps à trouver, on tâtonne. On avait besoin de gants de protection à la fois confortables et protecteurs. On a essayé toutes les marques, toutes les gammes. On a fini avec des gants achetés en supermarché. C'est ce qui convenait le mieux ! » « Quand on a investi dans une machine, on a imposé à notre fournisseur, AB Process, de travailler avec nos salariés pour l'ergonomie. On a aussi fait une simulation de mise en production chez eux pour pouvoir faire des réglages immédiatement. »




Travailler sur le long terme

« Une fois qu'on a trouvé quelque chose, on revient dessus ensuite. Pour voir s'il n'y a pas des conséquences que l'on n'avait pas vues. Dans tous les cas, il faut être acteur du changement. On a encore plein de choses à améliorer. Il n'y a pas de solutions miracles. La moyenne d'âge de nos salariés est de 49,5 ans. Il n'y a pas eu de baisse importante des arrêts pour cause de TMS. Les gens restent abîmés mais il n'y a plus d'aggravations. C'est déjà ça. Cela aide aussi à avoir une bonne ambiance de travail. »



Embaljet

(Pl
ouguerneau)
Dirigeants : Fabienne et David Toffolo 17 salariés 2 millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 04 79 94 www.embaljet.com

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