C'est en sortie de crise que les entreprises ont le plus besoin de financer leur développement. Les moins fragilisées doivent saisir des opportunités de croissance externe pour accroître leurs parts de marché, réajuster leur capacité de production pour faire face au redémarrage de la demande, chercher de nouveaux débouchés à l'international, investir dans la communication, le marketing, l'innovation pour tirer le meilleur parti d'une reprise que l'on annonce molle. Or, ces leviers de développement nécessitent des investissements gourmands, qui mettent du temps à produire du cash. Et les deux années écoulées incitent plus à la frugalité qu'à la dépense. En témoigne le dernier baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l'accès au crédit des PME publié fin janvier: «La moitié des dirigeants des structures de 20 à 50 salariés déclarent se restreindre dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques». Cette «autocensure» est particulièrement ressentie dans les secteurs de la construction (51%) et des services (49%) et par les PME ayant des besoins de financement de leur exploitation (75%).
Gel des investissements avec la crise
Obnubilées par leur survie et la traversée de la crise, les PME ont gelé quasiment tous leurs investissements de croissance, comme le constate Jean-Jacques Pichon, associé chez Grant Thornton, dans une étude sur les perspectives d'accès au crédit des PME publiée mi-février: «Les dirigeants de PME ont privilégié la recherche de stratégie à court terme pour augmenter leur cash flow et ainsi limiter le recours à la dette et par conséquent aux investissements».
Financement plus sélectif
Car, malgré toutes les injonctions des pouvoirs publics, les banques ne sont que peu enclines à prêter aux petites entreprises. «Il paraît évident que le financement d'investissement sera plus sélectif et que les banques seront plus sensibles à la stratégie des dirigeants et à leur différenciation sur un marché qui peut rester convalescent au-delà de 2010, poursuit Jean-Jacques Pichon. Les signes d'une réelle reprise économique sont forcément associés à une reprise de l'investissement par les PME». Pour reprendre la métaphore utilisée par François Drouin, président d'Oseo, «les entreprises étaient coincées par un bouchon sur l'autoroute et il est très important d'accompagner celles qui redémarrent le plus vite possible pour libérer celles qui attendent derrière et éviter les coups d'accordéon». Où trouver le carburant de ce développement? Du cash vital à court terme pour alimenter la trésorerie au financement à long terme qui viendra consolider vos fonds propres, les sources de ravitaillement sont multiples, en fonction de vos besoins.
Après s'être mises en mode survie pour faire face à la baisse de leur activité, de nombreuses entreprises se préparent à la sortie de crise. Une phase qui passera par le financement de leur développement. Ici pour saisir des opportunités de croissance externe, là pour réajuster leur capacité de production ou trouver de nouveaux débouchés à l'international. Autant de velléités qui nécessitent le plus souvent des investissements lourds. Dans un environnement économique encore incertain, quels sont les leviers financiers pour préparer demain? Tour d'horizon des opportunités qui s'offrent à vous.
Dossier réalisé par Houda Senhaji