«Face à la hausse des matières premières, nous devions trouver de nouveaux relais de croissance. Nous n'avions pas le choix», explique Luc Cebron, le directeur général de Filet Bleu. À partir de2010 et2011, la biscuiterie quimpéroise a élaboré une stratégie export. Avec un certain succès: «Notre objectif était que l'export atteigne 10% du chiffre d'affaires en 2012, nous allons en fait atteindre 15%. Nous partions de 7%», se félicite le dirigeant. Une augmentation qui se traduit, aussi, par une croissance du chiffre d'affaires de 16%, à 41millions d'euros en 2012. «Et nous visons 45millions d'euros pour 2013», ajoute-t-il. L'idée étant, toujours, de compenser la hausse des matières premières que subie le secteur agroalimentaire. «+30% sur la farine sur un an, +40% sur le sucre en deux ans; +100% sur les oeufs, liste le chef d'entreprise. On encaisse et on joue sur nos marges. Mais on est vraiment pénalisé car il est très difficile d'augmenter le prix final.»
Avec une consommation de 6,66kg de biscuits par an par habitant, le marché français est saturé, «notamment dans les marques de distributeurs (MDD), qui sont une partie importante de notre production», note Luc Cebron. L'industriel breton est donc parti voir du côté du marché européen (+50%), de la Russie et de l'Asie.
«Vendre la France»
L'entreprise participe à des salons internationaux pour trouver de nouveaux clients à l'étranger. «Nous étions à l'ISM de Cologne (salon de la confiserie), au PLMA d'Amsterdam (salon des marques de distributeurs) ou encore au Food Show de Londres», cite le DG. Filet Bleu met aussi en place un nouveau packaging spécialement adapté à l'export. Carton blanc, ruban tricolore et petites scènes de BD, façon Sempé. «Le parti pris, c'est de vendre de la France: la tour Eiffel, les bouches de métro, la baguette, mais aussi Carnac. Tout ce qui peut rappeler la France aux étrangers. Ce sont des clichés, mais ils donnent de la visibilité», note Luc Cebron. Sept biscuits différents composent la gamme export. Cinq sont des gâteaux typiquement bretons, au contraire des cookies et des tablettes surmontés de chocolat. Trois sont estampillés Bio, dont la galette bretonne. Pour accompagner cet effort à l'export, le site internet a aussi été rénové, dans le même esprit que la gamme. «On y retrouve les petites scènes dessinées. Il est disponible en français et en anglais», indique-t-il. Un code 2D (codes-barres carrés) sur les paquets permet d'accéder directement au site avec un smartphone. Mais Filet Bleu n'abandonne pas pour autant le marché français. La société veut même miser sur «l'ultraproximité». Une banderole a été installée sur l'usine, visible depuis la quatre-voies Lorient-Quimper, pour promouvoir le magasin d'usine. «Certaines personnes ne savent pas qu'il existe, juste à côté de chez eux! Il faut le faire savoir car le magasin peut être un autre relais de croissance, même plus modeste», estime le dirigeant. Des promotions y sont faites régulièrement. Elles sont affichées sur le site, ainsi qu'une mise à jour du stock des biscuits disponibles au magasin. Un travail sur la notoriété pour «créer un lien avec les gens». Pour la vente par internet, Filet Bleu passe le site pere-loustic.fr [site créé par Jean-François Garrec, ancien dirigeant de Filet Bleu et son fils Anthony, NDLR]. «Nous n'avons tout simplement pas les compétences pour le faire en interne», explique Luc Cebron.
40 postes créés
Chaque année, l'entreprise, qui produit environ 12.000 tonnes de biscuits, investit entre 1,5 et 2millions d'euros pour renouveler les machines et entretenir le site. Dernièrement, elle a acquis un robot palettiseur pour 750.000euros. «On gagne en productivité et en confort de travail pour les salariés.Il s'occupe de faire les palettes pour nos cinq lignes de production», indique Luc Cebron. Le prochain investissement concerne une nouvelle ligne de conditionnement qui devrait être mise en route en janvier2013. Cette croissance et ces investissements s'accompagnent de créations d'emplois: 40 en 2012. Malgré quelques problèmes de recrutement, structurel au secteur. «On a eu du mal à trouver du monde, raconte-t-il. Pourtant, comme nous tournons en trois huit et le week-end nous avons de besoin de gens en production. À l'heure actuelle, ce n'est pas si courant».
Isabelle Jaffré
Filet Bleu
(Saint-
Evarzec) Directeur général : Luc Cebron 230 salariés 41M€ de chiffre d'affaires 02 98 52 87 30