Depuis novembre 2015, la Commission européenne enquêtait sur le bien-fondé de la construction d’une centrale combiné gaz à Landivisiau. Un projet de 400 millions d’euros pour 422 MW porté par le consortium Direct Energie – Siemens, qui avait ses détracteurs, comme le collectif Gaspare. Celui-ci a annoncé maintenir sa position et « prendre note de la décision de la Commission européenne et demande à avoir connaissance des arguments apportés par l’État pour répondre aux doutes soulevés ».
En 2016, dans un premier rapport, la Commission exprimait ses « doutes » vis-à-vis de l'origine même du projet, à savoir « l'existence d'un véritable Service d'intérêt économique (SIEG). Après enquête, la Commission vient d’autoriser, sous conditions, l'aide que la France envisage d'octroyer à la Compagnie électrique de Bretagne en vue de la construction de la centrale électrique. « La mesure répond aux préoccupations liées à la sécurité d'approvisionnement électrique en Bretagne et est à la fois proportionnée et nécessaire », estime-t-elle, dans un communiqué.
Respect des règles européennes en matière de subventions
Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence ajoute : « La Commission a travaillé en étroite collaboration avec la France afin de s'assurer que l'aide octroyée en vue de la construction de cette centrale satisfait aux règles de l'UE en matière d'aides d'État. » En effet, l'offre prévoit le versement d'une subvention de 94 000 euros par mégawatt par an sur une période de 20 ans, en contrepartie de laquelle les exploitants de la centrale s'engagent à garantir la production d'électricité si le gestionnaire du réseau l'exige. La Commission a considéré que le montant de l'aide était proportionné eu égard au taux de rendement escompté du bénéficiaire.
La Commission européenne conservait cependant des doutes quant aux respects des règles de concurrence sur le marché de l’électricité. Elle a donc subordonné son autorisation à la condition que la Compagnie électrique de Bretagne ne vende pas, sur des contrats à long terme, l'électricité produite dans cette centrale à des entreprises détenant plus de 40 % du marché français de la capacité de production d'électricité. »
Un soulagement pour le milieu économique
« Cette nouvelle, très attendue depuis plusieurs mois par les milieux économiques est un véritable soulagement. Elle entérine ce que notre étude avait démontré il y a déjà bientôt 10 ans : la nécessité de cet outil pour sécuriser l’approvisionnement électrique de la Bretagne. Au-delà des emplois directs générés par la construction de cette centrale, je pense à la garantie qu’elle va donner aux entreprises de notre territoire de pouvoir produire sereinement et continuer à envisager des développements en pointe Bretagne. Nous pouvons désormais espérer que les premiers kWh sortent en 2020. Il aura donc fallu, si tout se déroule bien désormais, près de 10 ans entre l’appel d’offre et la concrétisation du projet. Un délai bien trop long », a déclaré Jean-Paul-Kerrien, président d’Investir en Finistère. L’association soutient ce projet depuis 2009.