Felisaz SAS : « Pour sauver l'entreprise, j'ai misé sur l'humain »
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Felisaz SAS : « Pour sauver l'entreprise, j'ai misé sur l'humain »

Son défi. Confronté à une baisse d'activité importante de son entreprise de décolletage, Felisaz SAS, Albert Felisaz s'est tourné vers les fixations de skis de randonnée. Témoignage.

« Déjà en 1995, quand j'ai repris l'entreprise de mon père avec mon frère, il se disait que les cames, c'était terminé ! La preuve, en 2007, notre carnet de commandes était plein. Mais en août 2008, tout s'est arrêté. Parallèlement à la production de cames, nous fabriquions une trentaine de fixations de skis par an. J'ai eu le déclic en 2009. J'avais déjà licencié cinq salariés sur seize et n'avais rien à perdre à tenter la diversification. À défaut, je fermais la société. Je me suis inscrit au salon Ispo de Munich pour présenter mes fixations qui ont intéressé les visiteurs. Puis, notre réussite s'est appuyée sur des concours de circonstances, des rencontres qui ont fait évoluer le produit. En 2009, alors que je n'en avais pas les moyens, j'ai embauché Matthieu, un ingénieur stagiaire pour six mois. Avec lui, en 2010, je lance une nouvelle fixation " Guide ", une extrapolation de nos premières. Elle s'est bien vendue même en étant plus chère que le leader, Dynafit. Le marché de niche du ski de randonnée était en attente de ce produit. J'ai engagé toutes les compétences de mes salariés dans l'atelier. Comme mon père, je mise tout sur l'humain. Avec la meilleure machine du monde, sans l'homme, il n'y a rien. J'ai créé un vrai bureau d'étude avec cinq personnes et deux camistes en renfort. Nous avons retravaillé tout le processus, redessiné nos pièces en fonction de nos machines qui étaient en bon état, pour ne pas avoir à investir en matériel. En 2012, Alexis, un skieur de Saint-Étienne me contacte et me suggère d'apporter des améliorations sur les fixations. Il était au chômage, avait des idées pour les pièces sans avoir la compétence. Je l'ai embauché pour travailler sur le marketing, les process, les notices...

Révolution culturelle
J'ai tout réappris, touché des domaines où je n'allais pas, comme le commercial. J'ai entamé une propre révolution culturelle et je l'ai transposée à l'entreprise. Depuis, pour gagner en ouverture d'esprit, je lis des ouvrages économiques, noue des relations avec des champions ou des sportifs qui partent en expédition. Je me bats pour relancer ma boîte qui ne valait plus rien et qui, depuis 2009, a repris de la valeur. Je veux la transmettre à mon fils, Loïc, qui m'a rejoint. Le plus facile a été de trouver des employés pour m'entourer. Leur moyenne d'âge tourne autour de la trentaine. Ils sont optimistes, les salaires sont moins élevés. Le plus difficile ? Mon rapport avec les banques. Bien qu'au départ, le Crédit Agricole a cru en notre projet, il nous faut désormais financer la progression de 25 à 30 % de notre chiffre d'affaires et lisser nos besoins de trésorerie. Ma fierté ? 80 % de nos pièces sont usinées ici. Les leachs sont fabriquées à Annecy et non en Chine, même si cela coûte trois fois plus cher. Cela ne rime à rien de produire à l'étranger pour faire de la marge, dès lors que la société tourne ».

Felisaz SAS (Thiez)


Président : Albert Felisaz 27 salariés CA 2013 : 2,3 millions d'euros www.fixation-plum.com

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