Faute avouée est à demi pardonnée...

Faute avouée est à demi pardonnée...

« Mille excuses pour la polémique sur le #Nutella. D'accord pour mettre en valeur les progrès ». Ce tweet posté sur le compte de la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Ségolène Royal au lendemain d'une déclaration fracassante et visiblement improvisée aura suffi à calmer les esprits. En faisant sur un plateau de télévision le lien entre huile de palme, déforestation et pâte à tartiner, la ministre est allée un peu vite en besogne. Factuellement, d'abord : car si l'exploitation des palmiers impacte effectivement la forêt primaire dans certaines régions du monde, force est de constater que le chocolatier Ferrero, grand utilisateur d'huile de palme, n'est pas le moins bon élève de la classe. Le groupe affiche en effet fièrement la certification RSPO, « la plus élevée », qui atteste que l'huile provient de plantations durables qui ne participent pas de la déforestation. Économiquement, ensuite. Car c'est méconnaître le poids en France de « l'Italien » Ferrero que de l'attaquer ainsi frontalement et idéologiquement. On imagine sans peine le rappel à l'ordre de ses amis politiques normands, Laurent Fabius en tête, pour souligner le poids économique de Ferrero en Haute-Normandie comme en France : 1.500 salariés dont 400 CDI et 150 saisonniers sur le site de Villers-Ecalles où sont produits chaque jour pas moins de 800.000 pots de pâte à tartiner et quelque 2,4 millions de barres chocolatées. Une usine qui dessert l'ensemble du territoire français ainsi que les pays européens limitrophes (30 % à l'export). Difficile d'imaginer qu'une ministre aussi chevronnée puisse au final connaître aussi mal ce dont elle parle...



Guillaume Ducable @email

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