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FairScope accélère sur son microscope digital low-tech
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FairScope accélère sur son microscope digital low-tech

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La jeune pousse morlaisienne FairScope fait le pari de la science accessible et durable pour soutenir son développement. Son microscope digital PlanktoScope, un appareil low-tech construit en bambou et dont les plans sont disponibles en open source, s’est d’ores et déjà vendu dans 126 pays. De quoi viser le million d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2026.

Thibaut Pollina (à gauche) a créé FairScope en 2023 avec son associé David le Guen — Photo : Fairscope

Depuis son siège morlaisien, la jeune pousse FairScope innove avec son PlanktoScope, un microscope digital low-tech conçu pour rendre l'observation du plancton plus accessible aux laboratoires comme aux citoyens. Union Européenne, États-Unis, Japon, Inde, Cambodge… Fondée début 2023, l'entreprise emploie actuellement sept salariés, et a d'ores et déjà vendu plus de 320 appareils à 116 laboratoires répartis dans 26 pays. Et ce n'est qu'un début…

Vingt fois moins cher que ses homologues industriels

"La recherche est trop souvent contrainte par le coût et la complexité des instruments", estime Thibaut Pollina, qui a fondé FairScope avec son associé, David Le Guen. "Notre pari, c'est de répondre à 90 % du besoin avec un outil simple, robuste et abordable, afin de massifier les observations à moindre coût", résume-t-il. Proposé pour moins de 5 000 dollars, le PlanktoScope coûte près de vingt fois moins cher que ses homologues industriels. "Ça change considérablement la donne, surtout dans des pays où les budgets sont serrés", souligne-t-il.

L'appareil se distingue notamment par sa structure en bambou et sa fabrication locale.

"Au départ, on voulait juste proposer les plans en open source..."

"Au départ, on voulait simplement proposer les plans en open source pour que les scientifiques du monde entier puissent s'en emparer afin de démultiplier les échantillonnages. Mais vu le nombre de demandes qu'on a reçues pour les fabriquer, on a décidé de créer une entreprise", retrace Thibaut Pollina, qui a notamment bénéficié du soutien du Technopôle Brest-Iroise, de Bpifrance, du Pole Mer Bretagne Atlantique et de l'Esa Bic Nord, l'incubateur de l'Agence spatiale européenne implanté à Plouzané. Le projet a également

Frugalité et coopération comme moteurs d'innovation

Une approche résolument low-tech qui permet de limiter l'empreinte écologique. "Il vaut parfois mieux répondre à 90 % d'un besoin avec des moyens très simples, que d'y répondre à 100 % avec un impact environnemental et financier bien plus important", estime le dirigeant.

"Notre stratégie repose sur l'open source, la coopération et la dimension communautaire", insiste Thibaut Pollina, qui anime un réseau plus de 1 000 contributeurs actifs à travers le monde. Des scientifiques, mais aussi des navigateurs et des membres de fablabs. "Le projet a pris une ampleur collective que je n'aurais jamais imaginée", estime le fondateur, qui a bénéficié du soutien des universités de La Sorbonne et Stanford, ainsi que du consortium international de chercheurs PlanktonPlanet.

Après avoir réalisé un chiffre d'affaires de 560 000 euros en 2024, FairScope vise désormais le million d'euros d'ici 2026. "Nous sommes la preuve qu'une entreprise open source peut être rentable, et que l'innovation responsable a sa place sur le marché mondial", insiste Thibaut Pollina. Prochaine étape : le lancement d'une version in situ du PlanktoScope, pensée pour des suivis autonomes sur bouées, drones ou bateaux, au service notamment de la surveillance littorale et de l'aquaculture.

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