Quatre salariés auxquels s'est joint Denis Foubert, ancien contremaître, ont retrouvé le chemin de la faïencerie de Varages depuis quelques semaines. Leur proposition de reprise de l'activité sous la forme d'une société coopérative de production a en effet été autorisée par le tribunal de commerce de Draguignan.
À la fois salarié et actionnaire
Devenus salariés actionnaires, ils ont tous les 5 retrouvé leur rôle dans l'usine: «Nous décidons ensemble des grandes orientations de l'entreprise, mais nous avons aussi chacun une compétence à la fois particulière et indispensable à la faïencerie», explique Véronique Blattner. S'ils ont apporté leur expérience, ils ont aussi investi la moitié de leurs droits de licenciements «soit 9.000€ chacun» au capital de la nouvelle SCOP, baptisée «Faïencerie de Varages en Provence». Et, grâce à l'intervention financière de l'union régionale des SCOP, ils ont pu emprunter 85.000€, permettant le rachat des actifs de l'entreprise et la réalisation d'investissements.
Revenir à une production plus raisonnable
Mais pour l'heure, les salariés se sont concentrés sur la reprise de l'activité de vente, «pour accumuler de la trésorerie et écouler le stock», explique Véronique Blattner. Une personne a d'ores et déjà été recrutée et une ou deux autres embauches pourraient également intervenir prochainement. Quant à la production, elle devrait reprendre d'ici à la fin de l'année, une fois que «nous aurons réceptionné notre premier investissement: un four électrique de 4m³ permettant de produire 220.000 pièces par an». Jusqu'au dépôt de bilan, l'usine travaillait avec un «four tunnel» capable de produire 12.000 pièces par jour... «Ce qui représentait des quantités bien trop importantes», confie Véronique Blattner, qui souhaite revenir pour le moment à la mise sur marché de quantités «plus raisonnables». Elle envisage aussi de recommencer à faire de la décoration sur faïences, même s'il n'est pas question de changer les gammes et couleurs qui ont fait la renommée de l'entreprise.
Viser les 500.000€ de CA la première année
Côté distribution, les salariés actionnaires veulent se concentrer sur les deux magasins d'usine existants, Varages et Pernes les Fontaines (84), qui reçoivent une clientèle essentiellement locale et touristique. Et, plus ponctuellement, «nous étudierons éventuellement la possibilité d'approvisionner d'autres boutiques ou de réaliser des commandes exceptionnelles, à condition qu'elles ne nous mettent pas en péril», ajoute Véronique Blattner. Pour sa première année d'activité, il est prévu que le magasin réalise entre 500.000€ et 600.000€ de CA. Lors de sa dernière année d'exploitation, il avait réalisé 680.000€.
Quelques mois après le dépôt de bilan prononcé par le Tribunal de commerce de Draguignan, cinq salariés de la Faïencerie de Varages ont repris l'activité sous la forme d'une société coopérative de production. Tous devenus actionnaires, ils ont mis en commun leurs indemnités et leurs compétences pour pérenniser une tradition datant de 1695.
Hélène Lascols