Pas-de-Calais
Exclusif : 61% des cadres et dirigeants «pour» la fusion 59-62
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Exclusif : 61% des cadres et dirigeants «pour» la fusion 59-62

Faut-il fusionner les départements du Nord et du Pas-de-Calais? Effacer les frontières au profit d'une grande région? Le Journal des entreprises lance le débat, étude à l'appui réalisée auprès des cadres et dirigeants, en partenariat avec SADMarketing et France Bleu Nord.


> A écouter RFM le 6 juillet 2012 :


Durée : 21 sec
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> A écouter sur France bleu :


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Fusionner nos deux départements pour former une grande région économique. L'idée peut paraître saugrenue, mais elle fait son chemin. L'entité régionale est plus forte que l'échelon départemental. Le Nord - Pas-de-Calais ne vient-il pas de se doter d'une nouvelle image internationale autour de «Lille Region, coeur d'Europe»? Fini la querelle des beffrois ! On ne parle plus de bastions, mais bien d'aire «eurométropolitaine». Les limites départementales s'effacent peu à peu. C'est d'autant plus vrai dans le business, qui ne connaît pas de frontière.

Des résultats très équilibrés Interrogés sur le sujet par notre partenaire SAD Marketing (Villeneuve-d'Ascq), en partenariat avec France Bleu Nord, les cadres et dirigeants des deux départements concernés ont nettement tranché: 61% d'entre eux se disent favorables à l'idée d'une fusion. 29% d'entre eux y sont même «tout à fait» favorables et 32% «plutôt favorables». Les plus hostiles ne sont que 17%. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Nord et Pas-de-Calais ont le même résultat. On aurait pu penser que le Pas-de-Calais, historiquement très attaché à son territoire et revendicatif vis-à-vis du grand frère nordiste, serait plus hostile. Or, l'engouement est partagé de façon équivalente dans les deux territoires. Seule distinction: les gérants et chefs d'entreprise sont plus convaincus que les cadres. D'un côté, ils sont 63% à être «pour» la fusion; de l'autre, ils ne sont «que» 55%.

Age, sexe et ancienneté
À noter aussi une réticence à la fusion plus grande de la part des femmes : 53% d'opinions favorables contre 63% pour les hommes. Les classes d'âges font aussi varier les résultats: les 45-54 ans sont les plus favorables (63%); les 35-45 ans les plus hostiles (46% contre). L'ancienneté dans la région joue également sur l'enthousiasme à fusionner: ceux qui y travaillent depuis plus de dix ans sont davantage convaincus (63 % pour), que ceux arrivés depuis moins de 5ans (53% contre).

Fierté d'appartenance
Enfin, la fierté d'appartenance à son territoire joue aussi. Paradoxalement, on est ainsi d'autant plus favorable à la régionalisation que l'on est fier d'appartenir à l'un ou l'autre de ses départements: 61% de ceux qui se disent fiers d'appartenir au Nord ou au Pas-de-Calais sont prêts à fusionner. Et ils sont 93% à se dire fiers de travailler dans la région! Une fierté plus marquée chez les femmes (98%) et corrélée à l'ancienneté dans la région.

Avantages et inconvénients
Quant aux avantages et inconvénients perçus, la première réponse spontanée qui ressort est, de loin, la «réduction des coûts administratifs/baisse des charges» (36%), suivi du poids d'un plus grand territoire (12%), avec une meilleure visibilité en France et à l'international (5%) et d'un allègement des formalités (5%). À noter que 33% n'y voient aucun avantage et 41% aucun inconvénient. Au rang des inconvénients justement, c'est la perte d'identité départementale qui ressort le plus (15%). Là encore, les réponses divergent selon qu'on est gérant et chef d'entreprise ou cadre. Les réductions de coûts administratifs sont logiquement plus affirmés pour les premiers (41%) que pour les seconds (28%).

Hors débat pour les élus
Du côté des politiques, les avis se rejoignent. Pour Patrick Kanner, président du Département du Nord, ce débat n'est plus d'actualité. Mais l'heure est davantage au travail concerté. Nouvellement élu, il est à l'initiative d'un conseil des exécutifs, sorte de «G3» pour faire émerger des projets communs. Un avant-goût de fusion? Pour le président de Région Daniel Percheron, moins farouchement opposé, cette fusion ne peut passer que par un État fédéraliste, comme en Allemagne. Ce qui n'est pas d'actualité non plus. Et si fusion il y avait, elle passerait sans doute par une grande région élargie à la Picardie. Diviser le nombre de régions par deux a déjà été envisagé. Dominique Dupilet ne voit aussi cette opportunité de fusion que sur des territoires proches. «Ce ne peut être possible que dans des régions à deux départements comme ici, en Alsace et en Haute-Normandie.»


Un mouvement engagé à l'Est
Les élus alsaciens, eux, bien ancrés à droite, ont été précurseurs dans cette idée de rapprochement. L'Alsace peine toutefois à trouver la voie. La faute à des divergences entre les exécutifs et la vieille crainte haut-rhinoise de se faire absorber par le Bas-Rhin. De conseil «unique», on est passé à conseil «uni». Nuance! Strasbourg et Colmar veulent toutes deux récupérer le siège de la future collectivité. Le président de Région, Philippe Richert, ministre en charge des collectivités sous le gouvernement Fillon, voulait avancer par référendum avant les échéances électorales. Il n'aura pas réussi. Le 20 juin, Marylise Lebranchu lui a tout de même assuré que «le gouvernement n'avait pas l'intention de remettre en cause les projets de rapprochement ou de fusion des colectivités qui étaient engagés».

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