En Rhône-Alpes, seuls 15% des fonds alloués par l'Europe aux entreprises seraient utilisés, selon le secrétariat général pour les affaires régionales. Une manne financière importante pour développer des projets est donc inutilisée chaque année, faute de postulants!
Organiser une veille
Pourtant, le comité de programmation des fonds est devenu mensuel (organisé tous les deux mois auparavant) pour attirer davantage de candidats. Pourquoi une telle déperdition alors que toutes les entreprises sont en recherche de financement pour mener de nouveaux projets? La difficulté à atteindre ces fonds semble être un élément de réponse. Partant de ce constat que seule, une PME a peu de chance d'arriver à se retrouver dans les méandres de Bruxelles, le territoire s'organise pour amener l'information au coeur de l'entreprise. La première porte d'entrée est tout simplement la communauté de communes. Les fonds Feder, par exemple, sont gérés à l'échelle d'un territoire. 17 en Rhône-Alpes peuvent contribuer au développement de projets en zone rurale. Au niveau du département, le réseau Enterprise Europe network est animé par les CCI. Conseils, veille technologique, soutien au montage des dossiers pour les marchés publics communautaires ou la candidature à un financement, sa mission est large et concrète. «Nous répondons à des questions sur la législation communautaire et les réglementations européennes, détaille Claire Delsuc, chargée de mission du réseau Enterprise Europe Network à la CCI de Lyon. Des outils internet sont aussi à la disposition des entreprises pour organiser une veille sur les marchés européens.» Elle constate que «l'accès aux financements pour la R & D s'adresse en priorité aux entreprises qui sont leaders dans leur domaine.»
Se préparer
Les projets collaboratifs ont également davantage de chance de lever des fonds. Adivalor, un éco-organisme lyonnais chargé d'organiser la collecte et la valorisation des déchets de fournitures agricoles, a tiré les leçons d'un premier échec. «Début janvier2008, nous avons postulé à un programme de recherche européen mais notre dossier n'a pas été retenu, se souvient Pierre de Lépinau, directeur d'Adivalor. Une deuxième tentative fin 2008, mieux préparée, nous a engagés dans le projet collaboratif Start, pour travailler sur le développement d'un nouveau procédé de recyclage des films plastiques utilisés par l'agriculture. 50.000€ sur 3 ans reviendront à Adivalor.» Accompagnée par Enterprise Europe network, Adivalor a d'abord procédé à un audit de son organisation interne pour valider l'accès à ce type de projet. «Deux collaborateurs sur notre équipe de quinze se consacrent à Start, ajoute le directeur»
Source d'information
Si participer en direct à un programme de R & D reste ambitieux, être dans le "circuit européen" est une source d'information à exploiter. «Des entreprises que nous accompagnons et qui sont recalées pour des marchés communautaires continuent la veille pour se positionner comme sous-traitants auprès des entreprises sélectionnées, confie Catherine Jamon-Servel, conseiller affaires européennes à la CCI de Lyon. Des débouchés s'offrent aux PME rien qu'en se tenant informé de l'évolution du marché en Europe.»
Les entreprises qui exportent et qui innovent semblent mieux armées pour faire face à la crise. Aux portes de nos frontières, les 27 États membres de l'Union européenne peuvent déjà être un terrain d'opportunités d'affaires pour les PME rhônalpines. Si Bruxelles paraît loin, des relais locaux jouent la proximité et accompagnent les entreprises dans leurs démarches européennes. Entre marchés publics et aides financières à l'innovation, voici des conseils pour bénéficier des sources de développement au coeur de la communauté européenne.
Dossier réalisé par les éditions Rhône, Loire, Isère, Haut-Rhin,Bas-Rhin, Moselle, Meurthe-et-Moselle,Pas-de-Calais, Gironde et Haute-Garonne.