Euro 2016 : Quel business pour les entreprises toulousaines ?

Euro 2016 : Quel business pour les entreprises toulousaines ?

66 M€ de retombées économiques sont attendus à Toulouse suite à l'Euro 2016. Mais qu'en est-il des prestations d'organisation ? Les entreprises locales ont-elles gagné des contrats ? Se sont-elles offerts des billets à prix d'or pour faire du business dans les stades ? Bilan contrasté.

Il paraîtrait que des entreprises locales sont sur la liste des prestataires UEFA, mais... zéro chiffre, zéro nom : L'UEFA garde le secret. Déçues ou satisfaites par le business lié à la Coupe d'Europe 2016, les PME locales témoignent.




Voiturettes et sécurité

La société Ora-ve dirigée par Serge Cometti et basée à Labarthe-sur-Lèze a signé son 1er contrat avec l'UEFA. Elle est chargée de mettre à disposition une soixantaine de voiturettes dans tous les stades des "villes hautes", ces douze villes qui reçoivent les principaux matchs, dont Toulouse. Les véhicules assureront le transport des personnes, des marchandises, et des blessés (voitures-civières). « Quand on a montré que l'on pouvait organiser la mise en circuit de 450 voiturettes pour le salon du Bourget, on prouve d'emblée son professionalisme » : c'est ainsi que Serge Cometti, président du directoire de Ora-ve, s'explique l'obtention de l'appel d'offres engagé en avril 2015 par l'UEFA. Sa société est spécialisée dans la distribution de voitures électriques en location longue durée ou pour des événements (CA de 25 M€, 46 salariés). Stéphane Lescoul, président du groupe Eclipse a gagné un contrat avec la ville de Bordeaux et met 500 agents de sécurité à disposition, dont 150 filles : « Nous avons un centre de formation là-bas et nous organisons des sessions spécifiques pour l'événement, notamment sur la palpation des personnes » explique le spécialiste de la sécurité basé à Balma et qui pèse un CA de 35 M€ (1.350 salariés). Il ne s'est pas proposé à Toulouse, jugeant que « les prix demandés étaient trop bas pour assurer une prestation de qualité.




Plus difficile pour les TPE

L'effet Coupe d'Europe, la petite entreprise d'Anaïta Bostani n'en verra rien et c'est pas faute d'avoir essayé : « Je suis dégoûtée car on s'était positionné à l'avance et j'ai bataillé pour obtenir une petite part de marché sur la partie communication/imprimerie... » racontela co-dirigeante de l'imprimerie familiale en marche depuis quatre générations

(4 personnes, 320.000 € de CA). Elle était invitée le 20 janvier dernier à la présentation des "opportunités commerciales de l'Euro 2016" à la CCI, mais pour s'entendre dire que les appels d'offre étaient déjà terminées et que Toulouse Métropole confiait l'essentiel des tâches de communication et celles de gestion de la "fan zone" à sa régie interne. Il y en a qui ont eu plus de chance, comme le laboratoire professionnel d'image Photon à qui a été confiée l'impression du « mur du sourire », une banderole de portraits-photos réalisés par la photographe Patricia Maupetit : « Etendue sur la rue Alsace-Lorraine, la rue hyper passante du centre-ville avec notre logo dessus, la banderole nous offre une belle visibilité » admet Alain Cauquil, le dirigeant de la SARL de plus de 1M€ de CA. Et puis il y a ceux qui n'ont rien eu mais qui prennent les choses du bon côté comme Pascal Bénac, co-dirigeant avec son frère de Expert Traiteur, le traiteur officiel du Stade Toulousain. Parmi les leaders locaux dans le secteur, il n' a pas été désigné pour seconder la société Do&Co (récent propriétaire de Hédiard) en charge de la partie restauration dans tous les stades : « Celui qui a été choisi ne pourra pas assurer les autres demandes aussi très importantes autour du match et en cette période de fin d'année... mais nous, oui ! ». L'entrepreneur prévoit aussi une montée de son activité de livraison à domicile les jours de match : « plus la France ira loin, plus il y aura du business pour nous ! » Qui a été choisi pour servir au Stadium ? Motus... il n' a pas le droit de parler mais oui, il y a un sous-traitant local qui se chargera de prêter main-forte pour la partie restauration.




Un accélérateur de business

Un événement foot de l'envergure de l'Euro 2016, ça peut rapporter gros et des contrats futurs : « Fidéliser, remercier, animer un réseau, récompenser... cet événement est un incomparable accélérateur de business » clamait le président de la CCI de Toulouse Alain Di Crescenzo à un public d'entreprises le 20 janvier dernier. Le Crédit Agricole 31 croit aussi aux suites positives d'un tel investissement. Au niveau national, cette banque est partenaire officiel de l'événement. Localement, en plus de l'acquisition de places, le CA 31 met en place un habillage des agences en ville, des jeux, des tickets gagnants... Le coût exorbitant des places en ont fait reculer certains, et pas les plus petits : « Localement, notre entité régionale n'a pas les moyens alors on va se contenter de quelques places à l'unité pour Toulouse », explique ce directeur régional d'un groupe mondial de plus de 40 milliards de dollars de CA . Les "packs hospitality gold" coûtent à partir de 950 € par personne et par match (pack pour 4 matchs) et l'on monte à 1.025 euros pour la prestation platinum (en loge). Certes, on est dans du haut de gamme avec un réceptif gastronomique signé Robuchon mais la note reste encore trop salée pour les TPE/PME... pourtant celles qui ont le plus besoin de se faire connaître.