L’heure est aux défis pour le spécialiste des études d’infrastructure et réseaux Lahocy (CA 2024 de 13 M€, 130 salariés) installé à Plérin. L’entreprise connue jusqu’en janvier 2024 sous le nom d’Études Travaux d’Armor (ETA), a vu ces dernières années son activité déstabilisée par la fin du déploiement de la fibre.
"Cette activité nous avait permis de nous développer sur l’ensemble du territoire national, de doubler notre chiffre d’affaires et nos effectifs en 10 ans, témoigne Axel Gayet, directeur commercial de la PME. Cela représentait 60 % de notre activité en 2020, nos projections montrent qu’elle ne sera plus que de 15 % en 2025. En 2024, elle ne représente que 500 000 euros." Il a donc fallu chercher 4 millions d’euros pour maintenir le même niveau de chiffre d’affaires. Une opération réussie puisque celui-ci est stable depuis 2022.
Une évolution de la réglementation profitable
"Nous avons eu la chance de bénéficier d’un changement de réglementation qui impose aux villes de géo-référencer leurs réseaux de classe A (gaz, électricité, eau, NDLR), notamment les réseaux non sensibles en unité urbaine au 1er janvier 2026", explique le dirigeant. Lahocy réalise, par exemple, la détection et le géo-référencement de toutes les canalisations et les affleurants (tampons) de la communauté de Quimper Bretagne Occidentale.
La diversification de la PME costarmoricaine s’opère également dans le domaine de la modélisation 3D. "Les exploitants des réseaux et des infrastructures et les collectivités ont besoin d’avoir accès à ces ouvrages en modélisation 3D pour pouvoir effectuer des simulations ou présenter des projets, par exemple", reprend Axel Gayet.
Un million d’euros dans l’achat de matériel technologique
Toutes ces données, fournies par Lahocy, revêtent également une grande importance pour anticiper les évolutions démographiques, les mutations énergétiques (développement des véhicules électriques, pompes à chaleur) et le changement climatique. Ils sont aussi nécessaires en cas d’installation ou d’extension d’usine, ce qui nécessite des études géotechniques.
Pour acquérir ces données, Lahocy investit dans de nouvelles technologies. En 2024, 1 million d’euros a permis l’acquisition de matériel comme des drones ou des équipements de cartographie mobile. "Pour les utiliser, nous avons investi dans la formation de nos salariés, dont cinq sont devenus pilotes de drones, par exemple", pointe le dirigeant.
Les grands projets d’infrastructure désormais possibles
"Ces moyens d’acquisition massive de données géographiques représentent une plus-value importante car ils nous permettent de réaliser plus d’acquisitions de données, avec plus de précision et en moins de temps, souligne Axel Gayet. Ils nous ouvrent les portes des grands projets d’infrastructures." De même, alors que 90 % de l’activité étaient passés de gré à gré jusqu’en 2023, Lahocy s’est lancé dans les appels d’offres des marchés publics.
Pour conserver ces données, les sécuriser et les intégrer, Lahocy, dont le DG est Olivier Sirdey, a également investi dans ses équipements informatiques, pour ne pas avoir à externaliser à l’étranger et en conserver la responsabilité.
Un déménagement à Saint-Brieuc
Le repositionnement de Lahocy passe enfin par un déménagement. La PME, qui possède un établissement administratif près de Rennes et des agences à Chambéry (Savoie) et Montpellier (Hérault), va quitter ses 1 000 m² de Plérin (Côtes-d’Armor), un site datant de sa création, en 1973, pour un nouveau bâtiment de 1 315 m² (et un autre de 390 m² de stockage), à Saint-Brieuc, qu’elle louera à Bleu Mercure, porteur du projet. L’entreprise, filiale du Belge Abylsen, y emménagera à la rentrée 2025.