ETI : Si rares, si discrètes...
# Conjoncture

ETI : Si rares, si discrètes...

Les études régionales sur les «entreprises de taille intermédiaire» se multiplient. Ces pépites incarnent une force non négligeable, mais elles ont aussi des attentes.

Quel que soit leur nombre en région (de 130 à 224 selon le périmètre pris en compte), les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ont des traits communs. Outre le fait qu'elles emploient entre 250 et 5.000salariés et réalisent moins d'1,5 Md€ de business, elles portent près de 10% des effectifs salariés du Nord - Pas-de-Calais, soit entre 84.000 et 93.000emplois. La région est au 6erang français pour le nombre d'ETI, selon les services préfectoraux de la Direccte qui a pris en compte les sièges sociaux et maisons mères situés dans la région (130 au total). «Elles sont insuffisamment connues et reconnues, note Annaïck Laurent, directrice régionale. Pourtant, ce sont des entreprises dynamiques, à la taille critique pour être innovantes et exportatrices.» Le président du Ceser, Frédéric Motte appuie: «Nous avons peu d'ETI. Or, elles sont l'essence même de l'entreprise vertueuse.»




Très créatrices d'emplois Plus dynamiques à l'export et plus créatrices d'emplois que les autres, ces ETI ont connu une croissance de 9% de leurs effectifs entre 2004 et 2010, soit neuf fois plus que les autres. Par contre, «elles ont un peu moins bien résisté à la crise et déposent peu de brevets», nuance Olivier Mesureur (Direccte). Près d'un tiers sont industrielles, dans la moyenne nationale. En revanche, les ETI des secteurs de la construction et des services sont plus présentes en région; moins celles du commerce. Et seulement 15% sont membres d'un pôle de compétitivité. Géographiquement, plus de la moitié sont concentrées dans la métropole lilloise et deux tiers sont à caractère familial. Parmi les plus connues, on trouve Holder, Rabot-Dutilleul, Outinord, Cylande, Demeyère, Dounor... Directrice générale de la boulonnerie Beck Crespel (310salariés à Armentières), qui exporte un tiers de sa production en Europe et un autre tiers au grand export, Karine Charbonnier dénonce le «manque d'accompagnement». Oséo et CCI International affirment pourtant être mobilisés sur leur sort. Pour Jean-Luc Bikard, P-dg du leader Outinord des coffrages verticaux de BTP (320salariés à Saint-Amand), qui réalise 45M€ dont 25 % à l'export, «l'intérêt porté aux ETI est clairement un plus». Et, lui même préoccupé par l'innovation, de réclamer un guichet unique. La Direccte espère jouer ce rôle. L'idée d'un club ETI est aussi évoquée.

Géry Bertrande

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