États généraux de la Presse : Quelles attentes?
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États généraux de la Presse : Quelles attentes?

Reçu par le club de la Presse de Haute-Normandie le 19janvier dernier, Jean-Marie Charon, sociologue, spécialiste des médias et membre du pôle 4 du Livre vert produit par les travaux des états généraux de la Presse, a mis à plat les éléments du débat.

Parmi les problèmes rencontrés par la presse française, la vente de journaux à de grands groupes industriels n'est pas l'un des moindres. La vente des Échos au groupe de luxe LVMH, reste, en ce sens, emblématique. Des ventes aux motifs le plus souvent stratégiques précise J-M Charon: «Dans plusieurs cas, les entreprises vendues à de grands groupes l'ont été pour cause de repositionnement stratégique, ainsi du groupe Pearson lors de la vente des Échos, considérant que cela ne faisait plus partie de son coeur d'activité. Autre problème pour Les Échos, LVMH était l'un de ses plus gros annonceurs. Comment alors rester objectif dans le traitement des informations liées au groupe de luxe? C'est de là qu'est venue l'idée de la reconnaissance de l'entité rédactionnelle et de créer une grande réflexion face à la difficile équation de la presse». Autre motivation pour la tenue de ces États généraux, la dégradation brutale de la situation de la presse depuis plusieurs mois, associée au développement d'Internet et à la disparition des petites annonces.











Des avancées?

«À la lecture du livre vert, je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'avancées», explique J-M Charon. Cependant, le sociologue trouve tout de même des pistes intéressantes dont le regroupement des centres d'impressions: «C'est un chantier sur lequel les éditeurs pourraient travailler de concert». Autre avancée, la distribution, une idée cohérente pour le spécialiste des médias: «Il est réaffirmé la priorité des conditions de vie des kiosquiers, des maisons de la Presse. Enfin, on prend conscience que si on laisse crever les marchands de journaux, rien ne va plus». Quant au sujet de la concentration, si cher au président Sarkozy, J-M Charon se réjouit que le livre vert aille à l'encontre de cette proposition: «Selon les formes de presse, l'opportunité de la concentration se pose en termes différents. La presse magazine tire avantage d'un grand groupe, mais en presse quotidienne c'est moins vrai. Ainsi, Le Télégramme, enclavé et familial, obtient les meilleurs résultats de France».




Les chantiers

«Il faut arrêter de faire des études d'audience et rouvrir un débat pour découvrir, par exemple, le rapport à l'info d'un public jeune et se mettre en phase avec leurs pratiques. L'avenir pour la profession c'est de repenser les lignes éditoriales, mettre dans les journaux payants de l'information de qualité qu'on ne retrouve pas dans les gratuits ou sur Internet. Et ne pas oublier le problème du journaliste à qui l'on demande aujourd'hui d'être un véritable homme-orchestre alors que chaque métier a sa spécificité». Sébastien Colle

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