En période de crise, la survie des entreprises se joue en trois actes: Le passage du cap de l'ETI (entreprise de taille intermédiaire), la stratégie de l'innovation, et le choix d'un mode de financement opportun. Voilà le tableau dressé par le président de la CCI duHavre Vianney de Chalus le 10mai dernier en introduction d'une conférence-débat organisée auHavre avec l'ambition d'offrir aux PME de la région des pistes pour sortir au mieux leur épingle du jeu. Devenir une entreprise de taille intermédiaire (PME de plus de 250 salariés), c'est pour Bénédicte Michon, la déléguée générale de l'Asmep-ETI (syndicat des entreprises de taille intermédiaire), «atteindre la taille adulte de l'entreprise en croissance». Et crise ou pas, la conjoncture compte peu: «faire de la croissance externe c'est plus une question de volonté que de période. Ce qu'il faut c'est avoir une vision à long terme et s'en donner les moyens!» Une démarche trop souvent freinée, explique-t-elle par «les règles de transmission ou encore l'ISF»!
La stratégie de l'innovation
Pour Frédéric Fery, directeur scientifique de la Chaire ESCP Europe/Kpmg «Stratégie des risques et performance», c'est l'innovation le moteur essentiel du développement et «la continuité» son pire ennemi car «c'est l'imprévu qui structure la croissance des entreprises». Une démarche forcément douloureuse qui consiste à «gérer des dilemmes». Et pour guider les candidats à l'innovation, Frédéric Fery propose huit commandements: «Générer des contraintes; ne pas confier l'innovation à des experts; ne pas écouter ses clients (pour ne pas repousser ceux que l'on n'a pas encore!); masquer les ruptures en continuité; encourager la diversité dans l'entreprise; multiplier les essais (au risque de se tromper); et surtout ne pas chercher à optimiser les process».
G.D.
Comment libérer la croissance des PME? Les CCI de l'Estuaire (LeHavre, Pays d'Auge et Fécamp-Bolbec) ont leur idée sur la question.