Esperanto : Le pari fou de Triballat
# Conjoncture

Esperanto : Le pari fou de Triballat

Olivier Clanchin, président de Triballat, veut faire de l'esperanto la langue du business. Il expérimente en ce moment le projet auprès de ses équipes.

Comme nous l'annoncions ("LeJournal des Entreprises" de février), Olivier Clanchin prépare une opération pour le moins originale et qui pourrait faire date. Le patron du groupe de Noyal-sur-Vilaine Triballat a repris en début d'année une TPE italienne. Comme dans tout rachat à l'étranger, la difficulté majeure est d'accorder les violons de deux entités aux cultures différentes. Et puisque l'anglais n'est pas innée pour des Français ou des Italiens, Olivier Clanchin fait le pari fou que certains de ses salariés pourront communiquer avec l'équipe italienne en... esperanto! Certainement une première en France. L'industriel breton s'est ainsi associé avec le communicant rennais Daniel Jouan, son responsable du développement durable Jean-Marc Lévêque et Philippe Bérizzi, patron de l'agence de traduction rennaise LinguaForce pour créer l'association Entreprises Esperanto. Le principe? Mettre en place un plan de formation rapide entre les équipes bretonnes et italiennes pour qu'elles apprennent la langue universelle «orientée métiers», précise Philippe Bérizzi. Un homme qui apprend l'esperanto depuis vingt ans.




Plus facile et donc moins cher que l'anglais

«La formation va s'étaler sur deux fois cinq jours auprès de trois Français et trois Italiens, poursuit ce dernier. L'objectif est d'être capable de parler, de se présenter, de prendre des rendez-vous puis de travailler ensemble». Ces cours express, qui doivent débuter ce mois-ci, ont été élaborés par Philippe Berizzi lui-même. «Je l'ai déjà testé sur des particuliers, et ça marche pas mal». Pour Triballat et sa nouvelle filiale Integralimenti, une session se tiendra en France et une autre en Italie. Le budget? 200 € par jour et par élève. À travers cette expérience, les promoteurs du projet veulent démontrer qu'il est possible, à travers l'esperanto, de constituer au sein des entreprises des équipes internationales capables de communiquer entre elles autrement que par l'anglais. Car d'après une étude, «l'esperanto s'apprend dix fois plus vite que l'anglais, indique le dirigeant de LinguaForce. Ce sont donc des coûts de formation réduits». Résultats de l'expérience dans les prochains mois.




LinguaForce, tél.02.99.59.73.10.

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