Vous êtes associé au sein de la holding lyonnaise MFGI, aux côtés de Michel Fraisse, Philippe Lambert, Bernard Choteau et Timothée Fraisse, pour investir au capital de PMI. Quelle est votre stratégie?
Notre holding privée investit sur fonds propres en LBO pour accompagner une transmission ou la recomposition du capital. Les sociétés à potentiel qui réalisent 8 à 40M€ de chiffre d'affaires sont étudiées. MFGI est présente au capital d'une trentaine d'entreprises via 24 holdings, dont un tiers en Rhône-Alpes Auvergne, pour un chiffre d'affaires cumulé de 350M€. Nous avons un rôle de conseil auprès des managers sur les choix stratégiques, les investissements, les relations bancaires... Nous sommes des gens de développement. Nous agissons dans la durée.
Vous êtes en train de créer des pôles d'activités. Est-ce une façon de participer à la constitution de ces ETI qui font tant défaut à la France?
Nous essayons effectivement de renforcer des pôles de compétences en constituant des groupes d'entreprises sur des métiers complémentaires. Un patron avec des directeurs généraux pour chaque structure applique une méthodologie et un business model communs. Ainsi, nous sommes en train de créer un pôle autour de la mécanique de précision dans le secteur de l'aéronautique avec des entreprises évoluant sur des niches. C'est une façon de répondre aux attentes des donneurs d'ordres qui veulent des fournisseurs de taille plus importante. Aujourd'hui, un grand groupe n'achète plus un produit mais une conception, une fonction, un service que l'on peut trouver chez des sous-traitants structurés.
Comment se porte l'industrie française?
Je suis partagé. Avec les nombreux dossiers que nous recevons chez MFGI, nous constatons que notre industrie est encore capable de fabriquer des produits, des vis pas exemple, vendus dans le monde entier. Globalement, je trouve que les PME-PMI françaises manquent d'ambition. Beaucoup vivent sur leurs acquis sans force commerciale, sans stratégie. Pourtant, on voit des dossiers avec des rentabilités à deux chiffres. Le problème aujourd'hui est le manque de visibilité. L'avantage pour ceux qui ont réussi à passer la crise de 2008, c'est que désormais, ils savent réagir et anticiper. Contact : 04 78 92 88 73
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