D'ici à fin 2009 seront réunis, à Saint-Gaudens, un centre médico-social à vocation hôtelière, un établissement de réadaptation fonctionnelle et de rééducation basse vision et un centre de ressources et de formation professionnelle. Souvent malvoyance est synonyme de dépendance. Qu'on naisse déficient visuel ou qu'on le devienne, la principale difficulté est de parvenir à vivre comme tout le monde malgré son handicap. La présidente de l'association saint-gaudinoise Épicure, Danièle Gombert, connaît bien le problème, pour y avoir été elle-même confrontée. Quinze ans lui ont été nécessaires pour obtenir le soutien des institutions et grands groupes et les fonds nécessaires afin de créer un lieu dédié aux déficients visuels.
Parcours du combattant
À 32 ans, alors qu'elle s'apprête à s'installer comme dentiste dans un cabinet médical, Danièle Gombert se rend compte qu'elle voit de moins en moins bien. Le verdict est brutal: atteinte d'une maladie génétique rare, elle aura perdu la vue d'ici à six mois. La jeune femme n'y croit d'abord pas mais est bien forcée de constater que désormais elle devra vivre avec un handicap visuel. Elle se résout alors à vendre son cabinet et à quitter l'Alsace pour Midi-Pyrénées, sa région d'origine. Ne comptant pas rester inactive, elle apprend le braille et s'attelle à rechercher un nouveau métier. Kinésithérapeute, secrétaire en télétravail, rempailleuse de chaises, telles sont les options qu'on lui propose. Elle en accepte certaines de façon provisoire mais ne compte pas en rester là et décide, en 2003, de créer sa propre structure, Épicure. Son objectif: permettre aux déficients visuels de se former à des métiers auxquels ils pensent ne pas pouvoir accéder du fait de leur handicap. «La malvoyance est mal appréhendée, même de la part des professionnels. Les ophtalmologues vous mettent souvent des limites que vous n'avez pas», constate-t-elle.
Gagner son autonomie
Avant de créer Épicure, Danièle Gombert pensait déjà proposer à des déficients visuels des formations en cuisine. Elle avait alors soumis son idée à plusieurs associations et institutions et s'était heurtée à la même réponse: «C'est impossible». C'était sans compter sur sa détermination. Dès le début du projet, elle obtient le soutien de l'Union des métiers de l'hôtellerie (Umih) au niveau national et local. Guy Pressenda, président de l'Umih Midi-Pyrénées et Haute-Garonne, l'encourage même à aller plus loin dans sa démarche en formant les déficients visuels au service. Pour Danièle Gombert, il est impératif de proposer des formations avec des débouchés. Elle trouve alors des appuis auprès de grands groupes comme Accor, Sodexho ou Club Med qui lui promettent d'embaucher les jeunes diplômés.
Rentrée en septembre2009
En décembre2008, tous les accords nécessaires sont signés et les financements trouvés. Une première tranche de travaux, qui représente 6M€ d'investissements, commence. Le centre médico-social à vocation hôtelière ouvrira ses portes en septembre prochain. Chaque année, il accueillera 12 élèves, âgés de 16 à 20 ans, qui suivront un cursus de quatre ans. Diplômés d'un bac pro Hôtellerie et Restauration, ils travailleront en milieu «ordinaire». Quant à la clinique de réadaptation fonctionnelle et de rééducation basse vision et au centre de ressources et de formation professionnelle, ils devraient être livrés avant 2009 (cf. encadré).
Tél.: 05.62.00.75.20 www.epicure.asso.fr
À la rentrée prochaine, un centre médico-social accueillera, à Saint-Gaudens, des déficients visuels pour les former aux métiers de la restauration. Une initiative unique en France.