En traçant les contours de ce que devrait être le paysage de l'éolien en mer en France à l'horizon 2020, le gouvernement a confirmé que la Seine-Maritime disposait d'atouts non négligeables dans le domaine. Avec deux sites retenus parmi les cinq sélectionnés dans le cadre du futur appel à projet (Fécamp et LeTréport), la Seine-Maritime devrait à elle seule accueillir le tiers de la puissance installée soit 1.000MW.
Des projets remis en concurrence
Déjà bien avancés, les projets portés par WPD à Fécamp et la Compagnie du Vent (filiale de GDF-Suez) auTréport n'ont jamais été aussi près de se réaliser. La question est désormais de savoir qui les mènera à terme. Si les actuels porteurs de projets ont naturellement une longueur d'avance, pas sûr que cela ne suffise face à l'appétit aiguisé de leurs concurrents. Le P-dg de la Compagnie du Vent Jean-Michel Germa le sait bien mais préfère, pour l'heure, se réjouir des annonces faites par le président de la République: «on ne pouvait pas espérer mieux! Le gouvernement a fait preuve d'une très grande ambition. Il a entendu la mobilisation des industriels français et des ports», résume-t-il. Une copie rendue après plus d'un an de négociations et qui fait la part belle aux projets normands, dont celui du Parc des Deux Côtes au large duTréport: «toutes nos éoliennes sont dans la zone propice, à la virgule près», lache Jean-Michel Germa. Une décision qui conforte donc le choix d'implantation du parc éolien offshore mais qui place également la filiale de GDF-Suez face à un nouvel enjeu. «Notre projet, aujourd'hui, est clairement en concurrence avec qui veut!», explique le dirigeant qui se dit cependant «raisonnablement optimiste», arguments à l'appui: «le gouvernement souhaite des opérateurs crédibles, nous avons le bon profil; il souhaite des projets qui se réalisent vite, et sur ce point nous avons à notre crédit un travail de quatre ans que nul autre n'a pu faire; enfin, l'État veut des projets qui se fassent bien, et là nous pouvons afficher l'ensemble de nos études techniques», ainsi que le bilan d'un débat public dont d'autres prétendants ne pourraient faire l'économie. Pour la région, et sa voisine picarde impliquée dans le projet des Deux Côtes, les perspectives vont au-delà du chantier lui-même. La volonté affichée de l'État de constituer une véritable filière industrielle de l'éolien offshore est accueillie comme un signe encourageant par les acteurs économiques locaux. Avec trois sites retenus sur cinq (LeTréport, Fécamp et Courseulles-sur-Mer dans le Calvados), et la proximité du premier marché mondial Outre-Manche, la Normandie, au sens large, a une carte à jouer. Les Havrais n'auront d'ailleurs pas attendu la décision de l'État pour faire leur offre de service aux industriels de l'éolien offshore.
Guillaume Ducable